Contre la tyrannie de la nouveauté

Vincent Thibault

Le lundi 13 juin dernier, Vincent Thibault relançait au Sebz son recueil de nouvelles La Pureté, paru en 2010. Eh oui, vous avez bien lu : cet article porte sur un événement d’il y a deux semaines, autour d’un livre paru il y a six ans. Et pourquoi pas, après tout? Vincent Thibault prend position contre la dictature de la nouveauté, du sitôt paru, sitôt oublié. Du reste, l’écrivain juge ce recueil toujours représentatif de son travail d’écrivain.

La Pureté rassemble dix histoires aux tons différents où se déploie la poésie du quotidien. Tantôt très douces, tantôt brutales, toutes ont le potentiel de jouer sur une corde sensible du lecteur. Mentionnons que l’auteur est entre autres inspiré par Haruki Murakami; aussi retrouve-t-on dans La Pureté une touche d’inquiétante étrangeté et de réalisme merveilleux. Et comme il y est question du Japon, il va sans dire que le recueil s’accompagne très bien d’un matcha glacé – ou d’un autre thé japonais fraîchement arrivé au Sebz.La soirée servait aussi de prétexte à annoncer le lancement de Carrefours azur, la nouvelle maison d’édition de l’écrivain, qui se déclinera en deux collections : Fictions et Idées.Premier roman de la collection Fictions, Vodyanoy : Le Lac aux loutres nous entraîne à Saint-Georges de Beauce et allie drame de mœurs, épouvante et roman écologique, en plus d’incorporer des mythes slaves.Dans Un texto à la fois : Passer de l’aliénation à la pleine conscience et accroître sa productivité, premier essai de la collection Idées, Thibault aborde l’obsession du multitasking  et du rendement désincarné, et propose une remise en perspective plus saine de notre rapport aux technologies.Mais qu’a donc Carrefours azur à offrir de différent? Le système d’impression à la demande. Dans la mesure où il se pilonne une quantité horrifique de livres chaque année au Québec, Vincent Thibault estime que la mécanique du système traditionnel de distribution et de diffusion du livre est à revoir. N’imprimer un exemplaire que si l’acheteur le demande est en ce sens un choix écologique.Si le système de l’impression à la demande permet une moins grande présence des œuvres en librairie, en contrepartie, l’auteur devenu éditeur vise un lien plus direct et privilégié avec son lecteur.

« Si je mise personnellement beaucoup sur ma relation directe avec les lecteurs, celle que j’entretiens avec les libraires demeure essentielle : j’estime qu’ils exercent un des plus beaux métiers du monde, et que les librairies sont des bastions de la culture. Je me suis bien entouré pour la maison — quand on édite notamment ses propres œuvres, il est crucial d’avoir une rigueur éditoriale irréprochable — et j’entends trouver des solutions créatrices pour surmonter les obstacles qui font inévitablement surface dans toute aventure entrepreneuriale. Le plus important demeure de partager ce qui nous tient à cœur et d’avoir le sentiment du travail bien fait. »

Les livres de Carrefours azur seront aussi offerts en version numérique. Vincent Thibault affirme à ce sujet que l’édition numérique change la donne en ce qui a trait au rayonnement de la littérature québécoise à l’étranger. Le numérique permet une circulation de l’œuvre plus aisée à travers le monde.C’est le 18 juillet prochain que Carrefours azur prendra son envol et que seront disponibles les deux premiers ouvrages de la maison. En attendant, vous êtes invité à visiter le site de Carrefours azur.

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