Humanorium – Une fête foraine peu ordinaire au parc du Musée

Carroussel_BGL

D’étranges personnages se sont installés au parc du Musée vendredi. Humanorium nous transporte dans une expérience originale qui ne laissera personne indifférent à l’image des fêtes foraines du 19e siècle et début 20e siècle. Un monde étrange où les artistes proposent des œuvres dans un environnement singulier signé par Exmuro.

Un carroussel avec des paniers d’épiceries et des clôtures de sécurité ? Pourquoi pas selon le trio BGL composé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière. « On voulait offrir une expérience unique aux gens à travers des objets qui sont utilisés d’une manière totalement différente normalement, explique Nicolas Laverdière. On s’est demandé ce qu’on pourrait faire de plus loufoque avec des choses [les barrières] qui sont faites pour contrôler les foules. »Humanorium vient donc déstabiliser le visiteur qui peut être plus habitué à des manèges classiques et high-tech et des barbes à papa. La fête foraine imaginée par Ève Cadieux et Vincent Roy, les deux commissaires d’Exmuro, réinvente les environnements forains insolites en regroupant différents pavillons et diverses attractions, habités par des œuvres de différents artistes.« L’idée m’est venue d’Expo Québec et du musée de la mort et j’ai vu qu’on pouvait faire quelque chose d’intéressant avec une simple roulotte et quelques composants à l’intérieur », raconte Vincent Roy.Fastoche_HumanoriumPour cette première année, dix attractions artistiques sont proposées aux visiteurs. Elles sont toutes gratuites sauf deux, le stand de tir (2 $) et la Pictomancie (5 $). Et comme une fête foraine veut dire aussi stand de bouffe, Fastoche a concocté quelques mets qui vous réservent quelques surprises comme un biscuit au chocolat accompagné d’un insecte tex-mex.

Les attractions

Le musée de la mort par Jack Burman : des photographies post-mortem où des têtes et des parties du corps humain arrangées par des anatomistes incitent à prendre conscience de la sensualité du corps, tout en s’approchant de la fine marge qui relie la vie à la mort. Les photos comportent des détails qui peuvent choquer les âmes sensibles.La chambre des curiosités 1 par Dgino Cantin : on entre dans un univers clos et décalé qui mêle la représentation partielle du corps humain à des objets à la fois familiers et étrangers.La chambre des curiosités 2 par Louis Fortier : on se sent regardé quand on entre dans cette chambre des curiosités où plusieurs têtes modelées dans des formes étranges scrutent les spectateurs qui osent pénétrer à l’intérieur leur espace.La petit acousmonium d’Érick D’Orion : Il ne faut pas être claustrophobe quand on entre dans la baraque de foire. Dès que la porte se referme, la noirceur nous plonge dans un maelstrom de rires et de cris comme si on était dans un parc d’attractions.Le Freak Show de Joan Fontcuberta : L’artiste montre des images d’individus qui s’affichent sans scrupule sur l’immense freak show qu’est devenu Internet afin de se construire une nouvelle identité. On y voit des visages et des corps transformés d’une manière monstrueuse par des piercings et autres étrangetés.Le bouclier magique par Diane Landry : une tente, un lit, des structures qui s’agitent, des clés qui carillonnent. On se croit dans une infirmerie. On passe du repos à l’éveil, de la mort à la vie et inversement.La pictomancie par Lady Mcbouth, de son vrai nom, Marie-Claude Bouthillier : Une boule de cristal, un jeu de carte créé par l’artiste. On accède à un environnement singulier, pictural et participatif où Lady Mcbouth nous raconte une histoire à partir des cartes qu’elle a tirées au début de la séance. Sur réservation seulement au 418-558-9581. Les séances auront lieu les 30-31 juillet et les 5, 6 et 7 août de 14 h à 17 h. Il est possible de réserver sur place aussi selon les places disponibles.Zoltar le cadavre exquis de Théâtre rude ingénierie : L’oeuvre revisite l’idée du Zoltar qui dit l’avenir dans les fêtes foraines. La machine du hasard est façonnée d’un boulier ludique qui s’adresse au public avec une syntaxe nouvelle, étonnante, digne d’un devin délirant. Vous entendez des phrases qui n’ont pas toujours un sens, mais qui ont la particularité d’être drôles.S’ajoute à cela, le Carroussel et un stand de tir. Humanorium est à découvrir du 30 juillet au 7 août de 13 h à 23 h. Inauguration le vendredi 29 juillet à 18 h. Des conférences sont aussi proposées au Musée national des beaux-arts du Québec par trois des artistes, Joan Fontcuberta, Diane Landry et Dgino Cantin, le 31 juillet et les 2 et 7 août à 11 h.