Petit guide d’auto-défense du 8 mars

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En ce 8 mars, je vous propose un petit guide d’auto-défense afin de répondre – avec des faits et même quelques chiffres – à celui ou celle qui pose l’éloquente question : « Une journée de la femme, en 2016, pourquoi on a encore ça? »

D’abord, ce n’est pas la journée de LA femme ou DES femmes, mais bien la « Journée internationale des droits des femmes ».  Ce n’est pas une nuance anodine. Ce qui, à la base, s’est révélé être une  erreur de traduction de l’ONU a mené à une objectivation outrancière d’enjeux sociaux et politiques touchant la moitié de la population. Les rapporter au vocable « femme » est simpliste et réducteur. Ce genre de raccourci peut justement mener à des préjugés – souvent défavorables – sur la pertinence et surtout la nature d’une telle journée.De plus, malgré le lien très fort qui les unit, le 8 mars n’est pas non plus la journée internationale du féminisme. Bien sûr, les pionnières qui ont mené les combats et les luttes soulignant l’avènement d’une journée comme aujourd’hui ont fortement contribué au féminisme tel qu’on le connaît. On peut s’y reconnaître ou non (il en a été amplement question dans les derniers jours). Indépendamment de notre position à ce sujet, on peut admettre que la nécessité de préserver, conserver et améliorer les droits des femmes dépasse les idéologies, et les étiquettes qui leur sont malheureusement et injustement apposées.Maintenant, le cœur de la question : pourquoi est-ce encore pertinent aujourd’hui ? Honnêtement, j’hésite entre proposer une liste par thèmes ou par ordre alphabétique tant les exemples sont nombreux. Voici donc, en rafale, quelques faits choisis dans l’actualité RÉCENTE :

  • Parce que les femmes ont le droit de se promener dans les rues sans se faire agresser : les agressions de Cologne.
  • Parce que les femmes ont le droit de porter plainte contre leur agresseur sans se faire juger sur la place publique : l’affaire Ghomeshi.
  • Parce que les femmes ont le droit de porter des jupes aussi courtes qu’elles le veulent, non, ce n’est pas une invitation au viol.
  • Parce que les femmes ont le droit de refuser les mariages forcés.
  • Parce que les femmes ont le droit de rejeter les normes imposées sans se faire discréditer : Jenny Beavan lors des Oscars.
  • Parce que les femmes de tous âges ont le droit de porter le décolleté qui leur plaît :  Suzan Saradon aux SAG Awards.
  • Parce que les femmes ont le droit d’allaiter leur enfant en public sans se faire dire qu’elles sont indécentes.

Et la liste pourrait assurément – et malheureusement – se poursuivre encore longtemps. Au Québec, d’importants acquis ont été réalisés au cours des dernières années en matière de droits des femmes. Des acquis somme toute précaires, fragiles et, dans une perspective historique plus large, récents. En rajouter sur ce qui a été dit dans les derniers jours dans le débat sur le féminisme relèverait de l’acharnement. Par contre, aujourd’hui, on peut essayer de s’élever au-dessus de l’arène, juste un peu. Peut-être sera-t-il imaginable de la regarder autrement, et de réfléchir, ensemble, sur ce qui s’y passe. De cette manière, on pourra mieux décider de ce qui pourrait s’y passer. Pour les femmes. Pour les hommes. Pour tous.Pour en savoir sur quelques organismes qui viennent en aide aux femmes   :

Pour en savoir plus sur les sujets abordés dans l’article :