Au MNBAQ cet été : s’étonner, se recueillir | 27 juin 2017 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: Idra Labrie

Au MNBAQ cet été : s’étonner, se recueillir

Le Musée national des beaux-arts du Québec accueille au pavillon Lassonde deux nouvelles expositions cet été : Philippe Halsman. Étonnez-moi! et Le fabuleux destin des tableaux des abbés Desjardins.

Étonnez-moi!

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Philippe Halsman a connu les bonnes personnes au bon moment. Un exemple : Albert Einstein est intervenu en personne pour que le photographe et sa famille puissent gagner les États-Unis en 1940, fuyant Paris à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.

D’abord étudiant en génie électrique, Halsman a exploré de manière autodidacte la photographie, un art encore nouveau à l’époque, œuvrant à en repousser les limites sans la contrainte de règles que par ailleurs il ne connaissait pas.

Ludique mais porteuse de réflexion, l’exposition Étonnez-moi! nous renvoie des années 1930 aux années 1970, de Paris à New York, à travers les portraits d’auteurs, de vedettes du cinéma ou de politiciens, parmi lesquels Jean Cocteau, Marilyn Monroe, Audrey Hepburn, Andy Warhol, Salvador Dalí…

Par ses mises en scène simples ou complexes, recherchées ou loufoques (pensons notamment à sa jumpology), le photographe est parvenu à révéler chez ses sujets des traits de caractère parfois bien enfouis. Le visiteur sera tantôt fasciné par les fruits de la collaboration entre Halsman et Dalí, tantôt amusé par les cartes de Noël de la famille Halsman.

L’exposition permet en somme d’admirer, en souriant, tout le sérieux de la démarche de cet artiste d’avant-garde.

Le fabuleux destin des tableaux des abbés Desjardins

On entre dans la salle comme on entrerait dans une église (somptueusement décorée). Les toiles des XVIIe et XVIIIe siècles importées par Philippe-Jean-Louis Desjardins et Louis-Joseph Desjardins imposent un silence de respect.

Arrivés ici, les abbés, deux frères, constatent un manque d’art religieux – d’art tout court. Ils importent alors des tableaux de peintres français et italiens pour les vendre aux paroisses et communautés religieuses québécoises. Ces tableaux inspireront ensuite les peintres d’ici et, ainsi, contribueront grandement à l’essor de l’art religieux au Canada français.

Jésus, saint Roch, saint Jérôme… À moins d’être féru de mythologie ou d’avoir connu un enseignement religieux catholique étendu, on manque aujourd’hui de codes pour reconnaître les personnages des tableaux, décoder les scènes, replacer les œuvres dans leur contexte. L’audioguide ou la visite guidée seront donc d’une grande aide. Néanmoins, l’expérience de la visite demeure apaisante, méditative – et il va sans dire que les tableaux impressionnent.

Philippe Halsman. Étonnez-moi! et Le fabuleux destin des tableaux des abbés Desjardins vous attendent au pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 4 septembre prochain. Autour de ces deux expositions vous sont aussi offerts des ateliers créatifs, conférences et autres activités spéciales.