Promenade originale, et plus encore | 9 juin 2017 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo : Simon Gosselin

Promenade originale, et plus encore

Au Théâtre Périscope, Antoine Defoort nous jase du droit d’auteur dans sa conférence-spectacle intitulée Un faible degré d’originalité.

Oui oui, une conférence, mais avec des blagues, des stratagèmes scéniques… et des boîtes de carton. Cette hybridation des genres que propose l’Amicale de production, on y prend goût aussitôt.

Après tout, l’infodivertissement, on le consomme déjà à la télé ou sur YouTube, alors pourquoi pas davantage au théâtre? À l’instar de John Oliver à son émission Last Week Tonight, ou encore d’Infoman, Antoine Defoort se saisit d’un sujet en apparence aride et donne à la fois matière à rire et à réfléchir – parce que l’art, ça peut servir à ça aussi.

Le comédien entraîne donc le public en randonnée conceptuelle dans les sommets du droit d’auteur (et du copyright). Du sentier défriché par les Lumières et Diderot, l’ascension mène au belvédère d’Internet, d’où l’on peut entrevoir les cimes qui poignent à l’horizon et seront à explorer dans le futur (Creative Commons, licence globale, revenu de base…).

Defoort vulgarise joyeusement le sujet, dissipant avec efficacité le brouillard juridique et les brumes philosophiques qui l’entourent.

C’est que l’apparent consensus de départ – à savoir le principe de rémunérer les auteurs, qui effectuent un travail de création intellectuelle primordial au développement humain – a tôt fait de se corser lorsqu’entrent en jeu les questions de bien commun ou de l’intérêt des exploitants.

Un exemple : on reconnaît dès les premières notes le Boléro de Maurice Ravel (on l’entend dans le parcours Où tu vas quand tu dors en marchant…?, d’ailleurs), mais que sait-on des répercussions de la saga juridique qui s’est jouée au sujet des droits du compositeur?

C’est tout cela et plus encore dont nous entretient Antoine Defoort.

Que celui ou celle qui n’a jamais péché en téléchargeant illégalement une œuvre artistique jette la première pierre.

La dernière représentation d’Un faible degré d’originalité a lieu ce soir, 9 juin, au Théâtre Périscope.