Le 4e âge : un défi sociologique majeur | 3 janvier 2018 | Article par Marine Lobrieau

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Le 4e âge : un défi sociologique majeur

Le vieillissement de la population représente un défi majeur pour le quartier de Saint Sacrement dont la population d’aînés est majoritaire dans le quartier. Les plus de 75 ans sont également de plus en plus nombreux, ce qui entraîne de nouveaux défis. Le Réseau Entraide Saint-Sacrement et ses différents partenaires tentent conjointement de proposer de nouveaux services adaptés pour accompagner cette population.

Avec les progrès de la médecine et la hausse de l’espérance de vie, la population vieillit de plus en plus. Inventée dans les années 80, la notion de quatrième âge réunit les aînés âgés de 75 ans et plus. Une avancée positive qui implique néanmoins une réorientation des besoins qui sont différents de ceux du troisième âge. Une nouvelle problématique se dessine alors. Les services d’accompagnement proposés aujourd’hui sont composés de services de masse.

Or, les besoins fondamentaux de la génération du quatrième âge reposent sur des services particuliers qui passent par un accompagnement au quotidien. C’est le défi actuel des organismes communautaires comme Contact-Ainés qui militent pour installer des programmes d’accompagnement spécialisés.

La solitude et la difficulté à assumer les gestes du quotidien sont les défis à relever pour cette nouvelle génération. « Ce sont des personnes qui ont plus de besoins et elles ne peuvent y répondre seules », explique la directrice générale de l’association, Stéphanie Tardif. Une difficulté à laquelle « les services publics ou communautaires ne peuvent répondre actuellement », atteste-t-elle.

Un manque de prestation

La population du quatrième âge se singularise également par le fait qu’elle reste de plus en plus longtemps à domicile, c’est ici que se situe l’enjeu. Ainsi en moyenne, les aînés entrent en résidence après 75 ans. « Les gens rentrent de plus en plus tard, 86 ans en moyenne en ce qui nous concerne », analyse Esther Larochelle, la directrice de la résidence pour aînés Les Jardins de Saint Sacrement. Même constat au sein de la résidence Le Gibraltar. « Sur 348 résidents, nous avons 307 personnes qui ont plus de 75 ans », précise la responsable de la location au Gilbratar, Marie-Aude René.

Seulement, cette alternative de placement en résidence privée comporte des coûts et ne permet pas le maintien au domicile de l’aîné. C’est pourquoi les organismes communautaires déplorent une carence au niveau de cette problématique.

La solution résiderait dans la mise en place de service à la personne personnalisé et adapté à ces nouveaux profils. L’accompagnement de ces besoins individuels rencontre des difficultés de réalisation.  « Il  y a beaucoup de trous de service, car nous sommes habitués à faire des services de masse, mais les gens du quatrième âge n’ont pas besoin de cela, mais de services individuels et c’est très difficile pour les organismes communautaires d’y répondre, car il faut des ressources financières et humaines. Dans le secteur public de la santé, c’est aussi peu répandu », déplore Stéphanie Tardif.

Une récente étude de l’Institut statistique de Québec, parue en décembre 2017, pointe ce phénomène. De 1971 à 2016, la part des personnes âgées de 65 ans et plus s’est élevée de 7 % à 18 %. Elle continuera d’augmenter au cours des prochaines années, avec l’arrivée progressive des générations nombreuses du baby-boom dans ce groupe d’âge. Si la tendance se maintient, elle pourrait atteindre 28 % en 2061.