<em>Embrigadés</em> – un parcours clair | 16 mars 2018 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: Cath Langlois

Embrigadés – un parcours clair

Embrigadés présente trois Québécois radicalisés à un âge où on a la certitude de ne pas être comme tout le monde. Et comme c’est le cas pour tout le monde, en même temps que chacun est convaincu de son unicité – ils l’affirment à l’unisson –, chacun cherche désespérément à combler son besoin d’appartenance. À emplir un vide.

Ainsi les trois cégépiens se retrouvent-ils séduits par des idéologies dont ils ne saisissent peut-être pas toutes les ramifications – des idéologies tant d’extrême droite que d’extrême gauche.

Lorsque les problèmes de cœur et problèmes familiaux paraissent trop grands pour soi, on cherche un coupable à la hauteur de la rage qu’on ressent – le 1 %, les immigrants, l’occident au grand complet. Devant la menace, l’individu cherche seulement à se défendre, affirme-t-il. Craignant de voir le tsunami (imaginaire) éteindre sa flamme, il sent qu’il doit faire sa marque. Poser un geste, concret. Mais quand l’action se concrétise, trop tard pour reculer : il faut assumer les conséquences, bien réelles.

Simple…

Les trois personnages sont clairement dessinés, certes, mais semblent quelque peu calqués sur les portraits-robots dressés par les articles de journaux, reportages, etc., portant sur la radicalisation.

Oui, le spectateur comprend le point de vue de ces jeunes qui se disent, encore et encore, incompris. Oui, il voit ce qui a mené chacun à suivre cette voie. Le texte est limpide… voire plutôt scolaire, ce qui peut s’avérer une qualité si la pièce a un but pédagogique assumé.

… mais efficace

Le dispositif de la scène et les projections mettent efficacement en valeur la narration, rendue avec conviction par Félix Delage-Laurin, Blanche Gionet-Lavigne et Vincent Massé-Gagné, qui sont également les auteurs. La mise en scène de Pascale Renaud-Hébert est également bien réglée.

Embrigadés est à l’affiche du théâtre Premier Acte jusqu’au 31 mars.