<em>Fait main/Hand made</em> : le travail manuel en valeur au MNBAQ | 19 juin 2018 | Article par Véronique Demers

Crédit photo: Véronique Demers

Fait main/Hand made : le travail manuel en valeur au MNBAQ

Après avoir été soumise il y a six ans au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), l’idée vient d’éclore et se traduit par l’exposition à grand déploiement Fait main/Hand made. Présentée au MNBAQ jusqu’au 3 septembre, elle traite des savoir-faire et des pratiques artisanales dans l’art contemporain du Canada, de Vancouver à Halifax.

Ainsi, l’art populaire, l’art brut, le pop surréalisme et l’art technologique se côtoient dans une centaine d’oeuvres réalisées par plus de 30 artistes canadiens provenant d’horizons variés comme la sculpture, la broderie, la courtepointe et la céramique.

« C’est un projet de taille titanesque qui aborde la rencontre entre les pratiques artisanales et les beaux-arts », a commenté Christine Conciatori, directrice des expositions et de la médiation au MNBAQ.

Cinq thèmes et autant de visions

« L’idée est de revaloriser le travail manuel, l’intelligence de la main. Dans les oeuvres, il y a un côté brut, une certaine indiscipline, mais avec des résultats surprenants. On peut penser au mouvement lowbrow, né dans les années 1970 en Californie. L’esthétique est trash et irrévérencieuse, mais avec des techniques raffinées qui font penser à la Renaissance », détaille le coordonnateur de l’exposition et l’idéateur du projet, Bernard Lamarche, également conservateur de l’art actuel au MNBAQ.

Le lowbrow fait justement partie des cinq thèmes/visions de l’exposition, avec Savoir faire/Faire savoir, Motifs de trame, Labeurs/Loisirs, ainsi que Prolongements technologiques, où le visiteur pourra retrouver des bricolages sophistiqués, appuyés par la technologie.

Parmi les oeuvres fascinantes, on retrouve Gutter Snipes I de Cal Lane, où les éléments industriels sont transformés en dentelle complexe. Le savoir-faire industriel se frotte ainsi à la délicatesse et à la féminité. Avec Récits lacrymogènes de Paryse Martin, une coupole érigée sur trois pattes accueille une sphère qui prend la place habituelle du globe terrestre. L’artiste veut faire voyager le visiteur dans un univers fantastique plutôt que l’orienter sur la position de la Terre.

Outre Cal Lane et Paryse Martin, on retrouve également des créations notamment d’Anne Ashton, Jean-Robert Drouillard, Richard Kerr, Chris Miller, François Morelli et Dominique Pétrin.

Musée national des beaux-arts du Québec
179, Grande Allée Ouest
418 643-2150