Manifestation du 7 juin contre le G7 : plus de peur que de mal | 7 juin 2018 | Article par Monmontcalm

Crédit photo: Jean Cazes

Manifestation du 7 juin contre le G7 : plus de peur que de mal

Collaboration spéciale : Caroline Roy-Blais

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi au parc des Braves pour la manifestation populaire et unitaire contre le G7 organisée par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste (ComPop), Eau Secours!, le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC), le Réseau de résistance anti-G7 (RRAG7), la Table unitaire contre le G7 (TUG7) et le collectif Ni Québec, ni Canada : projet anticolonial.

La manifestation, endossée par une cinquantaine d’organismes communautaires et d’associations étudiantes, s’est déroulée dans la joie sous un ciel nuageux. Plusieurs centaines de personnes se sont présentées au point de ralliement à l’heure convenue. Déjà, la présence policière était bien visible. Les policiers arborant le boucliers étaient prêts à intervenir, ce qui a fait dire à une manifestante que c’était presque de la provocation.

Le départ prévu à 18 h du parc des Braves a été retardé en raison des différentes prises de parole qui se sont succédé. Shanipiap a entamé les tours de paroles par une chanson de son cru :  « La complainte très joyeuse du contribuable ». Se sont ensuite succédé les porte-parole des différents organismes organisateurs de la manifestation.

La Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale ont déployé une Mission d’observation civile pour s’assurer que le travail policier soit fait dans le respect des droits et libertés des manifestant.e.s. Les observateurs et observatrices à dossards jaunes, toujours en groupe de deux, se déplaçaient en vélo ou à pied et prenaient des notes de leurs observations.

La manifestation s’est somme toute bien déroulée. Dans la joie, les manifestant.e.s ont scandé des slogans anticapitalistes et chanté des chansons. La fanfare Tint’Anar a également poussé quelques notes, pour faire danser les gens.

On a senti la tension monter lorsque le contingent a remonté la rue Cartier pour se rendre sur la Grande-Allée. Les policiers ont bousculé les passants rassemblés sur les trottoirs, les sommant de descendre dans la rue. Un homme, tentant de faire comprendre aux policiers anti-émeute qu’il ne voulait pas manifester, s’est fait violemment rabrouer.

Comme prévu par l’itinéraire, connu déjà depuis plusieurs jours, la manifestation est restée très loin de la rue Saint-Jean et des vitrines placardées des commerçants.

Les arrestations et le concept d’infiltration

Le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) avait assuré à la Ligue des droits et libertés et à Amnistie Internationale que les arrestations de masse ne seraient pas employées, et à notre connaissance, il n’y en a pas eu. Nous avons eu vent d’une seule arrestation.

Le doctorant en sciences politiques Maxim Fortin expliquait, lors d’une conférence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) section Québec, qu’il est faux de croire que les manifestations sont infiltrées par des manifestants « professionnels » qui ne veulent que la faire dérailler. Il expliquait qu’il existe plusieurs manières de manifester son désaccord avec les conventions et conférences internationales, comme le G7. Que plusieurs tactiques peuvent être utilisées par des manifestants tous aussi légitimes que ceux qui choisissent des méthodes plus pacifiques.

D’autres manifestations sont à prévoir. Une journée de perturbations est prévue pour vendredi, ainsi qu’un pique-nique festif. D’autres activités plus tranquilles sont prévues samedi : rassemblement à la Fontaine de Tourny, table-ronde, soirée d’humour, ainsi qu’une manifestation syndicale et communautaire dès 15 h.

La Manifestation du 7 juin 2018 contre le G7 en vidéo (Jean Cazes)

Journaliste et recherchiste, Caroline Roy-Blais couvre la scène municipale et communautaire de Québec. Bien ancrée dans La Cité–Limoilou, plus particulièrement à Limoilou, elle s’intéresse principalement aux enjeux de société, à la mobilisation citoyenne. Anthropologue de formation, elle s’est tournée vers le journalisme par désir de mieux comprendre la société qui l’entoure et d’en témoigner.