<em>Fièvre</em> : espace sûr | 25 septembre 2019 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: David Mendoza Hélaine

Fièvre : espace sûr

Le théâtre Premier Acte fête cette année ses 25 ans. La saison ne s’ouvre pas tout à fait en douceur : Fièvre, du collectif Vénus à vélo, traite de problèmes de santé mentale et des limites de la relation d’aide.

Elle (Carolanne Foucher) ne quitte pratiquement plus sa salle de bain, son refuge, sa coquille. Tente de convaincre qu’elle va bien, seulement sa joie sonne un peu faux. Les fêtes, les anniversaires se succèdent, et la dépression traîne en longueur. Son ami (Vincent Michaud) prend soin d’elle, toujours. Essaie d’être sa bouée de sauvetage, de suffire à la maintenir hors de l’eau.

On ne remarque les fissures du carrelage qu’au deuxième coup d’œil, de même qu’il faut un temps pour voir ce qui, dans le comportement de l’autre, dénote que quelque chose cloche.

Le texte de Rosalie Cournoyer, qui signe aussi la mise en scène, cherche à traduire le plus directement possible les impressions comme les symptômes physiques de la personne vivant avec un problème de santé mentale. Le sujet est abordé avec empathie et bienveillance, mais sans excès de pudeur.

La projection vidéo offre en ce sens un point de vue intéressant sur les personnages aux moments où ils dévoilent une part de leur intimité.

Bémols

Si la danse et les autres médiums complètent bien la proposition, les quelques passages plus soutenus tendant vers le lyrisme, s’arriment moins bien au reste du texte.

Les apparitions derrière le miroir sans tain de la pianiste et conceptrice sonore, Rébecca Marois, paraissent plutôt aléatoires. Cela n’enlève cependant rien à la qualité de sa prestation, ni à la musique et à l’ambiance sonore, fort jolies.

Safe space

Consciente que ce qui se passe sur scène peut ébranler le public, l’équipe a mis à sa disposition un espace réconfortant, le « vesticare », où les gens sont invités à se réfugier au besoin, pendant ou après le spectacle.

Fièvre est présentée jusqu’au 12 octobre à Premier Acte. Ce vendredi 27 septembre, la représentation sera suivie d’une causerie avec les créateur·trice·s de la pièce, à laquelle participera Julie Belleau, travailleuse sociale à l’organisme La Boussole.