Îlot Bérubé : modification au zonage et déceptions citoyennes | 25 septembre 2019 | Article par Ève Cayer

Crédit photo: Eve cayer

Îlot Bérubé : modification au zonage et déceptions citoyennes

Hier soir avait lieu la consultation publique pour une modification du règlement de zonage de l’Îlot Bérubé, site d’un projet immobilier du Groupe Casot. Le conseil de quartier de Montcalm a recommandé à l’unanimité la modification, en faveur du projet présenté, alors que les citoyens qui se sont exprimés y étaient majoritairement opposés.

Le site de l’ancien Garage Bérubé, connu sous le nom d’Îlot Bérubé, au 191 et 195 chemin Sainte-Foy, entre les rues Bourlamaque à l’ouest, Candiac à l’est et Dumont au sud, pourrait donc accueillir le projet immobilier dont on avait vu une première présentation en mai dernier.

Le projet, présenté hier par l’architecte Louise Amiot, nécessite une modification de zonage puisqu’il prévoit un bâtiment d’une hauteur de 15,5 m, soit 2,5 m au-dessus de la hauteur permise par le zonage actuel. Le projet prévoit aussi un rez-de-chaussée commercial, ce qui est exigé par la Ville de Québec, et le promoteur y souhaite un espace de 850 m2, alors que la superficie permise par le zonage est de 300 m2. Jean-Philippe Hamel, pour le Groupe Casot, a expliqué que les commerçants rencontrés exigent des locaux plus grands que 300 m2 pour s’implanter.

En plus du rez-de-chaussée, le bâtiment de 79 logements comptera quatre étages de logements du côté du chemin Sainte-Foy, et un étage en retrait. Le toit serait partiellement végétalisé pour combler une partie du 10 % minimal d’aire verte exigé par la Ville de Québec. Du côté sud, soit sur la rue Dumont, des maisons de ville sont prévues avec, au-dessus, deux étages de logements locatifs. Une cour intérieure serait formée entre les parties nord et sud du bâtiment.

Concessions et réactions

La version du projet immobilier présentée en consultation hier prenait en considération certaines préoccupations des citoyens soulevées lors de la présentation en amont en mai dernier. Ainsi, pour améliorer l’acceptabilité sociale du projet, le pourcentage de logements plus grands (2 chambres et plus) a été augmenté et l’usage à des fins hôtelières et touristiques, retiré.

Les citoyens qui ont pris la parole lors de la consultation publique étaient inquiets de l’engorgement que provoquera l’ajout de voitures.

« Le projet et la Ville font beaucoup de place à la voiture individuelle, ce qui encourage l’étalement urbain et rend le quartier désagréable pour le cycliste et le piéton », a commenté une citoyenne.

Plusieurs citoyens propriétaires avaient un sentiment d’injustice, ayant eu à se conformer à la réglementation de la Ville tandis que pour le promoteur, on demande une modification du règlement en vigueur.

« J’habite le quartier depuis 60 ans et j’ai eu un petit commerce durant 30 ans. Quand j’ai voulu améliorer mon commerce, j’ai dû me battre pendant des années avec la Ville pour pouvoir faire des changements. Je trouve que ce spot zoning est illégal », s’est insurgé un citoyen.

Après la consultation et la recommandation favorable du conseil de quartier, la demande de modification du règlement de zonage suivra son cours vers le conseil d’arrondissement en vue de la décision finale.

À la sortie de la consultation, des citoyens aux avis défavorables ont poursuivi les discussions, après s’être informés, au micro, des délais lors d’un processus référendaire.