Lumière sur l’artiste Jocelyn Robert | 16 novembre 2019 | Article par Amélie Légaré

Alicia Despins, membre du comité exécutif de la Ville de Québec, Maude Lévesque, conservatrice au MNBAQ, Jean-Pierre Bédard, DG de la SDC Montcalm, Kim Colonna, président du CA de la SDC Montcalm et Jocelyn Robert, artiste.

Crédit photo: Idra Labrie / MNBAQ

Lumière sur l’artiste Jocelyn Robert

Pour la 5e édition du parcours Lumière sur l’art, la Société de développement commercial du quartier Montcalm et ses partenaires ont choisi de confier les 34 abat-jours de la rue Cartier à l’artiste multidisciplinaire Jocelyn Robert. L’homme qui possède une notoriété internationale se dit impressionné par l’esprit de collaboration engendrée par les projets artistiques à Québec.

Jocelyn Robert est professeur à l’École d’arts de l’Université Laval, qu’il a dirigée de 2012 à 2017. Cet artiste professionnel a étudié en architecture et il a travaillé dans le domaine pendant cinq ans avant de compléter sa maîtrise en arts visuels et lancer officiellement sa carrière artistique. « Un architecte regarde toujours un projet dans tous ses aspects : le budget, le zonage, le client, les couleurs, l’éclairage, les matériaux, la forme. C’est un peu comme ça que je travaille. » En plus de ses nombreuses implications dans le milieu, M. Robert a collaboré à lancer la coopérative Méduse et Avatar dans le quartier Saint-Roch.

Depuis quelques années, l’artiste multidisciplinaire s’intéresse davantage à la photographie et immortalise des portraits, des objets et des lieux. Il réalise ses projets autour de certaines réflexions et techniques afin de détourner, se réapproprier ou changer un lieu existant. Le projet Lumière sur l’art s’inscrit parfaitement dans ce processus. Il a pris des clichés à proximité de la rue Cartier dans l’optique que les gens voient les choses différemment.   « Ultimement, les images sont le vecteur pour cette nouvelle manière de regarder le quartier. »

Contraintes de production

L’inauguration officielle du 14 novembre dernier présentait le résultat de neuf mois de travail. Jocelyn Robert admet s’être adapté rapidement au format particulier des abat-jours. Le rendu des couleurs n’est pas le même avec l’éclairage électrique du soir et le soleil du jour. De plus, l’intégration de plusieurs éléments visuels à un environnement urbain représentait également un défi pour l’artiste.

« Souvent, quand les artistes ont un projet d’art public, ils vont faire une seule œuvre. Nécessairement, il y a des gens qui l’aiment et d’autres, qui ne l’aiment pas. Quand on en fait 34, moi je trouve ça réconfortant l’idée que les gens ne sont pas obligés de tous les aimer. J’ai essayé de faire assez de variétés pour que tout le monde puisse trouver une image qui lui parle. C’est une belle occasion et une pression en moins. On peut offrir du choix aux gens. »

Collaboration interdisciplinaire

Le projet Lumière sur l’art est issu d’une étroite collaboration entre la SDC du quartier Montcalm, le Musée national des beaux-arts du Québec, la Ville de Québec, le Machin Club et l’Université Laval, qui encourage son professeur.

« Tout ce monde ne travaille pas d’une manière hiérarchique, tout le monde travaille ensemble. C’est assez impressionnant et c’est ce qui fait qu’un projet comme celui-là peut se faire aussi rapidement et d’une manière agréable. Pour moi, c’est assez unique à Québec cet esprit de coopération. Une expérience comme ça permet de le vivre pendant 9 mois, c’est génial », confie Jocelyn Robert.

Selon lui, un projet collaboratif de cette ampleur n’est pas possible partout et c’est ce qui fait qu’il a choisi Québec pour poursuivre sa carrière. « J’ai travaillé dans pas mal de lieux différents sur la planète, j’ai eu l’occasion de travailler dans d’autres villes et j’ai toujours choisi de revenir à Québec. À Québec, les gens collaborent », affirme-t-il.

Multiples inspirations

Jocelyn Robert a complété de nombreuses résidences à l’international. Il quittera à Paris la semaine prochaine afin de développer un autre projet collaboratif. Selon lui, un artiste devrait prendre les opportunités qui sont offertes pour sortir de son milieu, s’enrichir, s’épanouir et remettre en question ses points de vue et ses préjugés. « C’est tellement intéressant. Quand on revient, on a l’esprit complètement ouvert. »

« Dans les arts visuels, on a une tradition de l’artiste solo qui se coupe une oreille dans son atelier. Moi je pense qu’on peut apprendre des autres domaines. On peut apprendre de la danse, du théâtre et de la musique sur des formes de collaboration. »

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