En toute puissance | 24 janvier 2020 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: Vincent Champoux

En toute puissance

Il n’y aura pas de catharsis. Ou peut-être que si.

Les Reines présentent à Premier Acte le travail accompli en près de quatre ans de processus créatif, de la terrasse où a germé l’idée à ici et maintenant.

Le spectacle, ni tout à fait autofiction ni tout à fait théâtre documentaire, mais vrai d’un bout à l’autre, explore les questions du pouvoir, du féminisme, des rôles stéréotypés et réducteurs qu’on se fait imposer au théâtre comme dans la vie.

Les Reines, c’est le collectif fondé par Maude Boutin St-Pierre, Rosalie Cournoyer, Noémie F. Savoie, Natalie Fontalvo et Marie-Ève Lussier durant leurs années au Conservatoire d’art dramatique de Québec, alors qu’elles commençaient à s’interroger sur ce métier qui les ramène constamment à leur condition de femme.

Et il y a Claudelle, l’agente d’imprévisibilité, aide à la création, électron libre, membre ou non du collectif mais en tout cas elle aussi une Reine – un bel apport au spectacle, qui tantôt change le rythme tantôt facilite les enchaînements.

Pour soi et par amour du théâtre

Jeune première, mère ou sorcière? Pourquoi revenir aux archétypes, aux rôles balisés par des règles millénaires et écrits par des hommes? Comment arriver à briser ces carcans?

Les Reines se donnent pour objectif la création d’un objet théâtral en adéquation profonde avec elles-mêmes, ce qui implique pour le collectif une part de consensus et une autre de dissidence. Les créatrices se questionnent sur les conventions théâtrales, les brassent. Et c’est brillant. La réflexion se poursuit au moment même de la représentation, avec le public.

On passe des rires aux moments lourds, de la confection de petits gâteaux aux témoignages de #MoiAussi. Tout est à sa place; les morceaux retenus à l’issue de ce long parcours forment une courtepointe solide. Soulignons au passage les transitions musicales et la projection d’illustrations, qui renforcent la cohésion de l’ensemble. C’est un 2 h 50 pourtant rapide, efficace, « tight ».

J’ai franchement hâte au chapitre 2.

.ES – chapitre 1 – soi est présentée jusqu’au 8 février à Premier Acte.

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