<em>Hypo</em> : Comme dans un film | 27 février 2020 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: David Mendoza Hélaine

Hypo : Comme dans un film

Deux Québécois se rencontrent lors d’une visite guidée en Islande. Elle (Mary-Lee Picknell) dit être venue étudier; lui (Nicola-Frank Vachon), s’euthanasier. Pas de noms, pas d’attentes, juste la vérité brute : ils décident de faire ensemble un bout de chemin – pour fuir le monde, peut-être, ou s’y accrocher.

Points de fuite

La prémisse a des airs de Before Sunrise (rencontre fortuite, suivie d’un dialogue ponctué de révélations et de mots d’esprit), ou de films de voyages où la musique et les paysages deviennent eux aussi personnages. Comme au cinéma, les images frappent, les horizons inspirent. Comme dans les road trips, la trame sonore envahit par moments l’espace, permet un temps d’arrêt, de réflexion.

Si ce décor semble à la fois familier et tout neuf, c’est que le texte de Nicola-Frank Vachon sonne vrai, à chacune des répliques. Les protagonistes se sont promis sincérité; les interprètes réalisent cette promesse.

Impressions fortes

Projections, fondus, ombres, miniatures… les éclairages et la vidéo (Keven Dubois) font davantage que servir le propos : ils arrivent à rendre l’impression d’immensité, d’une nature indomptée face à laquelle les êtres humains sont bien peu de chose. La mise en scène (Maryse Lapierre, assistée de Shanya Lachance-Pruneau; appui dramaturgique d’Isabelle Hubert) est ingénieuse, et d’une grande beauté.

C’est la musique de Philip Larouche qui accompagne nos voyageurs. Le musicien apparaît avec les deux acteurs sur scène, et eux aussi chantent les ballades, en anglais et en islandais – ce qui souligne le déracinement.

La mélancolie, la joie, et toute une série d’émotions en demi-tons nous imprègnent tout au long de la route. Au final, la pièce laisse son empreinte, douce-amère et un peu violente.

Hypo est présentée au Théâtre Périscope jusqu’au 7 mars.

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