Le Pommetier au Périscope, ou l’arbre qui cache la forêt des souvenirs

Collaboration spéciale : Pascaline Lamare, Le Bourdon du Faubourg.

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Ubus Théâtre (Québec), en collaboration avec Pupulus Mordicus (Québec), ouvre la saison du Périscope avec Le Pommetier, un objet théâtral intime, doux et poétique.

On ne vous racontera pas en détail les différents tableaux, de peur de gâcher le délicat sentiment qui s’empare du spectateur. Sachez seulement que vous verrez un sol que l’on cultive sous des nuages, un gâteau de mariage aux framboises, et votre propre reflet sous un arbre dont les feuilles sont des pages, avant de terminer chez Bérangère (interprétée tout en humanité par Agnès Zacharie) qui vous confiera ses souvenirs en vous interpellant de manière très juste… « Si vous saviez comme je désespérais à vous espérer », nous lance-t-elle alors que nous prenons place dans le bus d’Ubus Théâtre, réaménagé pour l’occasion en un intérieur moelleux et accueillant, où poussent les marguerites et les nuages. Bérangère qui fait alors le lien entre tout ce que l’on a vu, et qui donne un sens doux-amer aux différents tableaux. Bérangère qui prolongera le contact avec le spectateur bien après qu’il soit sorti de son univers… Mais là encore, on ne vous en dit pas plus.

Seules quatre personnes peuvent participer à la fois au parcours déambulatoire, ce qui renforce tout à fait l’intimité qui émane des différents tableaux. En étant si peu nombreux, impossible de ne pas faire soi-même partie de l’oeuvre. Impossible également de ressortir du parcours théâtral sans que quelque chose ait résonné (ou raisonné?) en soi. Tout en étant plongé dans différentes ambiances sonores ponctuées de rires, de chants d’oiseaux ou de textes, les différents tableaux peuvent à la fois être très simples et allégoriques, ou fourmiller de mille et un détails (prenez le temps de profiter du bus!). Mais tout semble exactement à sa place.

On pourrait être tenté de voir dans Le Pommetier un carpe diem (« cueille le jour ») moderne, nous enjoignant de profiter de la vie, de réaliser nos rêves, et au soir de sa vie, s’endormir un sourire aux lèvres en ne regrettant rien. Mais c’est aussi une réflexion sensible sur les différents moments qui ponctuent nos vies, qui font le baume de nos souvenirs, et qui peuvent paraître insignifiants. « Se souvenir est facile pour ceux qui ont de la mémoire, mais oublier est difficile pour ceux qui ont un cœur », écrivait Gabriel Garcia-Márquez, et les différentes scènes auxquelles nous participons nous font réaliser à quel point cela peut être vrai.

« Les souvenirs sont comme les nuages. L’un nourrit la terre, l’autre le cœur. »
Extrait, Le Pommetier

Le Pommetier est présenté par le Théâtre Périscope du 22 septembre au 10 octobre, du mardi au samedi dès 17 h, à raison de cinq départs par soirée.

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