Une place publique devant l’école Perrault | 16 février 2021 | Article par Monmontcalm

Crédit photo: Étienne Bernier Architecture

Une place publique devant l’école Perrault

Collaboration spéciale : Pascaline Lamare, Le Bourdon du Faubourg.

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L’école secondaire Joseph-François-Perrault, située coin chemin Sainte-Foy et Cartier, s’apprête à construire des aménagements originaux au bénéfice de toute la communauté. Depuis trois ans, les élèves se mobilisent pour le projet, et une campagne de sociofinancement est lancée, via La Ruche.

Peut-être avez-vous déjà remarqué que certains aménagements en bois étaient apparus depuis quelques années devant l’école Joseph-François-Perrault. Il s’agit de la première phase d’un plan d’aménagement plus grand, qui doit être réalisé devant toute la façade de l’école, le long du chemin Sainte-Foy. Aux aménagements en bois du côté ouest de l’entrée principale devraient succéder des aménagements plus durables du côté est, en béton et aluminium. La direction de l’école ayant le souci de créer de l’espace pour les élèves, qui sont nombreux à fréquenter l’école (elle ne dispose pas d’une cour propre, et doit d’ailleurs être agrandie dans les prochaines années), et également d’offrir à la communauté un espace dont elle peut profiter, c’est donc tout naturellement qu’un projet a émergé collectivement.

Du Rond-Point à l’Espace collectif Joseph-François-Perrault

Lorsque le parlement étudiant s’est saisi des projets d’aménagement, il a poussé pour qu’une vision communautaire soit adoptée, et que les aménagements puissent également être utiles aux citoyennes et citoyens fréquentant les abords de l’école (un souci qui s’est également manifesté par l’installation d’un frigo communautaire devant l’entrée de l’école). L’aménagement actuel, qui a pour nom le Rond-Point, a vu le jour il y a déjà trois ans déjà. Soutenus par des partenaires comme SPOT et les Urbainculteurs, les élèves du comité Rond-Point avaient alors réalisé ce projet composé de mobilier urbain en bois et d’espaces d’agriculture urbaine offrant fruits, légumes et fines herbes. Il n’était que la première phase d’un projet plus ambitieux, destiné à s’étendre sur toute la façade de l’école.

Le projet entre désormais dans sa deuxième phase, qui vise l’aménagement du plus grand espace, côté ouest. Un terrain qui est plus en pente, plus complexe, qui implique de faire appel à des ingénieurs et des architectes. Et un projet qui demande un financement beaucoup plus important.

« Ça fait deux ans que nous travaillons sur ces plans-là », indique Doreen Perreault, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire à l’école secondaire Joseph-François-Perrault. « Les jeunes voulaient rêver, sortir des cadres », dit Doreen.

Alors, ils ont pris les moyens nécessaires. À l’automne 2019, les élèves ont notamment rencontré Jean Rousseau, conseiller municipal du district Cap-aux-Diamants. « Les jeunes soulèvent des questions importantes », déclare-t-il, ajoutant que « beaucoup avaient ce sentiment qu’on peut agir localement pour avoir un impact global, et il faut encourager cela ». L’intervention de Jean Rousseau s’est faite dans la foulée de plusieurs événements où des jeunes se sont impliqués pour faire bouger les choses, comme la prise de parole d’Emma González suivant la fusillade de Parkland, ou l’action de Stella Bowles en Nouvelle-Écosse.

« À l’époque, ce qui m’avait frappé, c’était le fait que ce soit des jeunes qui posent des gestes très concrets, et qui remettent en question le statu quo. C’est ce genre d’initiatives qui font la différence dans nos milieux. Et j’ai envie de dire “ne vous arrêtez pas en si bon chemin” », déclare l’élu.

Il ajoute qu’avec l’accompagnement dont ils jouissent, les jeunes vont faire aboutir leur projet. De son côté, l’élu souhaite relancer la Ville sur l’aménagement de la Place Lucien-Borne, qui aurait dû être fait en même temps que les travaux sur le chemin Sainte-Foy et la côte Salaberry voici deux ans.

En parallèle, les firmes Etienne Bernier architecture (installée dans Saint-Jean-Baptiste) et Hatem+D ont accompagné les élèves, en travaillant notamment à partir d’un mood board.

« Les élèves ont ensuite voté pour des plans, qui ont été retravaillés avec les architectes d’Etienne Bernier Architecture, ce qui a mené aux concepts de modules sinueux, qui n’existent nulle part ailleurs », nous précise Doreen Perreault, qui ajoute que tout est fait sur mesure.

Jeunes entrepreneurs

Le projet actuel, comme chaque année depuis que les aménagements ont commencé, est porté plus directement par un petit et très actif comité d’élèves, dont beaucoup sont au Programme d’éducation internationale. Ils sont soutenus chaque année par un enseignant de secondaire III, et parviennent à mobiliser l’école, tout en développant leurs talents d’entrepreneurs.

Si, en moyenne, les projets réalisés par les élèves de Perrault ont des budgets d’environ 5000 $, l’ampleur du projet de place publique est tout autre; on parle davantage d’un budget de 100 000 $. Près de la moitié de cette somme a déjà été réunie. Plusieurs partenaires ont été sollicités au fil des ans, comme le ministère de l’Éducation (via le programme d’embellissement des cours d’école). Les jeunes ont également mené des actions de financement, comme la vente de paniers bio avec le projet École enracinée avec Équiterre. Les jeunes s’impliquent également dans beaucoup de petits concours, comme celui de l’alliance pour l’engagement jeunesse cet automne, où ils ont gagné le vote du public. Desjardins a également été impliqué dès le début, et les a accompagnés pour aller vers La Ruche.

L’Espace collectif JFP, une campagne de sociofinancement

La campagne sur La Ruche vient de débuter. On peut contribuer à la hauteur de 10 $, 20 $, 100 $ ou plus, selon ses moyens. Plusieurs commerçants de Montcalm proposent diverses contreparties, comme Bügel, Morena Épicerie traiteur, La Récolte et bien d’autres commerçants de l’avenue Cartier. Pour votre contribution de 100 $ au projet, le Théâtre Premier Acte offre une paire de billets (saison 2021-2022) et votre place à l’Espace JFP pour discuter ensuite de la pièce entre amis! Du côté de Saint-Jean-Baptiste, Nina Pizza offre un certificat-cadeau de 20 $ en échange d’une contribution de 50 $ au projet. L’Académie québécoise d’art du déplacement propose deux cours d’initiation au « parcours » (l’art du déplacement), en échange d’une contribution de 80 $.

Le sociofinancement sur La Ruche vise à réaliser le sentier central et installer les premiers modules. On cherche ainsi à réunir 22 000 $, qui seront bonifiés de 32 000 $ (dont 10 000 $ provenant de Desjardins et 22 000 $ du Fonds Mille et UN projet pour la jeunesse du Secrétariat à la jeunesse.

Pour la suite, le permis de construction étant déjà octroyé, les travaux pourraient commencer dès cet été si le sociofinancement se déroule comme prévu. « On vise une inauguration cet automne. Les élèves veulent voir le projet se matérialiser d’ici l’été », précise Doreen Perreault.

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