La tête en l’air 6 : le quartier des Franciscains

Dans un précédent billet, je vous décrivais sommairement les premiers jalons du quartier des Franciscains. Maintenant, je tenterai de compléter l’histoire de ce secteur du quartier Montcalm.

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C’est entre les années 1920 et 1925 que le quartier connut réellement son envol. Fondée en 1923, la compagnie les Habitations Manrèse se chargea de faire construire plus d’une soixantaine de maisons en rangée sur les rues Désy, des Franciscains, Dolbeau et Jeanne-d’Arc. Cet immense chantier devra, malheureusement, prendre fin, car la crise économique de 1929 sera fatale pour cette compagnie. La ville se départira de ces maisons en 1940. L’urbanisation est alors en forte croissance dans le quartier, plusieurs jeunes familles habitent ce quartier ou désirent s’y installer. Il est donc normal que la demande en institutions scolaires augmente. C’est alors que plusieurs écoles verront le jour comme l’école Montcalm, St-Georges pour les anglophones ainsi que l’école Saint-Dominique construite en 1927. La présence d’anglophones dans ce quartier ne représentait qu’un petit pourcentage.

Rue Dolbeau

Date de dénomination, 1910. Jean Dolbeau ( 1586-1652 ) est un prêtre récollet et missionnaire en Nouvelle-France. Il est donc un des quatre premiers récollets à débarquer à Québec le 2 juin 1615. En décembre de la même année, il est nommé responsable de la mission montagnaise Tadoussac. Il revient à Québec le printemps suivant. Après un court séjour en France il revient à Québec avec le titre de commissaire provincial. À l’automne 1620, il rentre définitivement en France avec un jeune amérindien pour le faire instruire. Il mourra au couvent d’Orléans en 1652.

Avenue Désy

Date de dénomination, 6 juillet 1923. Joseph-Édouard Désy ( 1841-1918 ) est un prêtre qui dirige les Jésuites à Québec. En 1891 il ouvre une maison de retraite fermée appelée Villa Manrèse sur le terrain actuel du centre hospitalier Courchesne. Celle villa deviendra la première église de la paroisse Notre-Dame-du-Chemin en 1909. Plus tard, en 1921, les Jésuites déménagent du côté nord du chemin Sainte-Foy. La première villa et la chapelle seront démolies en 1936 et 1986.

Avenue Casot

Date de dénomination, 10 janvier 1930. Né à Paliseul, en Belgique, Jean-Joseph Casot (1728-1800) arrive à Québec en 1757. De frère cuisinier, il devient en 1763 le procureur du collège des Jésuites à Québec, poste qu’il conservera jusqu’à sa mort. Ordonné prêtre en 1766, le père Casot représente, au moment de son décès, le dernier des Jésuites de la Nouvelle-France. Il est inhumé à la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec.

Rue Jeanne d’arc

Date de dénomination, 6 juillet 1923. Ce n’est que dans l’ancienne toponymie que l’on retrouve un lien historique avec le quartier. Dans un document de 1906, la rue Jeanne-d’Arc est dénommée rue Pierre, possiblement en l’honneur du médecin Pierre Tourangeau, membre de la célèbre famille Tourangeau, propriétaire du terrain où cette rue est tracée. En 1910, on commence à l’identifier Jeanne-d’Arc. En juillet 1923, lors du prolongement de cette rue, la Ville de Québec profite de la récente canonisation de Jeanne d’Arc pour officialiser ce nom.À noter que la toponymie dans le quartier Montcalm a été marquée grandement par les Jésuites: Désy, Casot et Marquette. Le Collège Saint-Charles-Garnier, pour sa part, représente une oeuvre magistrale de la part des Jésuites qui réalisèrent ce magnifique projet inauguré en 1935. Sa renommée n’est plus à faire. J’espère vous apporter un éclairage additionnel de ce quartier qui saura vous imprégner d’une belle et riche histoire que, malheureusement, trop peu de gens connaissent. Bonne visite!