Une maison de chambres qui dérange dans Saint-Sacrement

maison_chambresLa maison de chambres située au 1165 chemin Sainte-Foy dans le quartier Saint-Sacrement souhaite obtenir un changement de zonage pour régulariser ses 50 chambres. Le zonage actuel est de neuf chambres ou 12 logements. La consultation publique qui a eu lieu le 19 novembre a été plutôt houleuse, les citoyens se plaignant du comportement de certains locataires. Le conseil de quartier de Saint-Sacrement votera une recommandation le 10 décembre prochain. Trente-cinq locataires occupent en ce moment la maison de chambre. Vols, bruits, bagarres, langage vulgaire et interventions de la police. Les qualificatifs ne manquaient pas lors de la consultation publique de la part des citoyens qui habitent aux alentours de la maison de chambres pour justifier le refus du changement de zonage. Lysanne Beaudry, la propriétaire de la maison de chambres, s’est défendue en affirmant que des changements ont été apportés et une personne qui posait beaucoup de problèmes cet été a été expulsée. Selon madame Beaudry le calme est revenu depuis. Parmi sa clientèle, elle a des personnes qui sont en difficultés financières ou qui ont certains problèmes et d’autres qui travaillent et qui ont besoin d’une chambre lorsqu’ils sont de passage à Québec. Elle affirme aussi qu’elle ne prendra plus des personnes référées par certains organismes. Elle se demande où les personnes qui vivent là actuellement vont aller si le changement de zonage n’est pas accepté.Entre septembre et novembre, la police s’est déplacée sept fois à la maison de chambres dont quatre fois pour des chicanes entre les résidents. Lors de sa visite, monmontcalm.com a rencontré quelques résidents. Deux résidents ont plutôt confié qu’il y a des problèmes de drogues, de boissons et de vols. L’un d’eux, André Michaud, un monsieur de 55 ans, diabétique, a confié qu’il était harcelé par des résidents pour de la nourriture et des cigarettes et qu’il ne se sentait pas en sécurité. Il espère que son agent au CLSC qui trouve que l’environnement est malsain pour lui le place dans un endroit plus sain et où il pourrait avoir de l’aide. En plus des problèmes de comportement, on remarque vite lors d’une visite les problèmes d’insalubrité et la saleté dans les pièces communes comme les cuisines et les salles de bain.Un inspecteur de la Ville de Québec, Rudy Hamel, qui a visité la maison de chambres peu avant la consultation publique a relevé plusieurs problèmes d’insalubrité et des travaux nécessaires dans les parties communes. Une autre visite est prévue dans deux à trois semaines pour vérifier si des changements ont été apportés. Parmi les demandes de la Ville, Capital Transit, propriétaire de la maison de chambres doit améliorer la salubrité des cuisines et des salles de bains qui ne conviennent pas pour l’instant pour 35 locataires ou plus. Monsieur Hamel a demandé une vérification des gicleurs et autres appareils en cas d’incendie pour être sur qu’ils fonctionnent. Les locataires payent entre 350 et 425 $ par mois. Les plus grandes chambres possèdent un lavabo et une toilette.Madame Beaudry a affirmé en entrevue téléphonique, qu’une concierge était sur place 24 h sur 24 et que le numéro de sa chambre était marqué à côté du bureau administratif. Or pendant sa visite, Monmontcalm.com n’a pas trouvé cette information affichée. Une personne croisée pendant la visite fait effectivement le ménage depuis un mois, mais ce n’est pas une employée de Capital Transit. Cette résidente, qui préfère garder l’anonymat pour ne pas nuire à ses démarches pour obtenir un logement social, a confié qu’elle le faisait bénévolement pour aider les gestionnaires et parce qu’elle aime que ça soit propre. Cette résidente a aussi confirmé ce qui avait été dit par d’autres résidents que l’ancienne concierge ne travaille plus à la maison de chambre depuis un mois.

Les propriétaires de maison de chambres n’ont pas l’expertise nécessaire

Selon un rapport d’étude qui sera rendue publique cet hiver, le nombre de locataires dans une maison de chambres peut-être un facteur déclencheur de plusieurs problèmes. Plusieurs organismes ont participé à la rédaction de cette étude dont la Ville de Québec, le CRSSS de la Vieille-Capitale, APUR et des organismes communautaires. Une personne proche du dossier de l’étude interrogée par rapport aux 50 chambres disponibles sur le chemin Sainte-Foy a confirmé qu’il est très rare d’avoir une maison d’accueil avec autant de chambres et que c’est beaucoup trop gros. La source a aussi confié que l’étude démontre que les propriétaires souvent privés ne détiennent pas l’expertise pour gérer et faire face à des situations complexes de santé, de sécurité et d’accompagnement.Thérèse Richer de l’organisme MIELS-Québec abonde dans le même sens. En entrevue téléphonique, madame Richer a expliqué que la situation dans les maisons de chambres est délicate. Selon Madame Richer 50 chambres c’est beaucoup et ça veut dire une concentration de personnes qui vivent des difficultés. Mais elle ne sait pas où les personnes en difficultés seraient placées sans les maison de chambres.« Il y a un manque de logements sociaux et si on ferme les maisons de chambre, les gens vont se retrouver à la rue ou dans des taudis encore pires », a-t-elle souligné.La propriétaire, Lysanne Beaudry a dit que si le changement de zonage n’est pas accepté, elle transformera le bâtiment en 12 logements en chambres partagées et qu’elle ne souhaite pas que les locataires actuels se retrouvent à la rue. Mais est-ce que ces nouveaux logements seront adressés à la même clientèle avec les prix actuels?

Soutenez votre média

hearts

Participez au développement à titre d'abonné et obtenez des privilèges.

hearts
Soutenir