À la rencontre des gens du quartier Montcalm (4)

Steph_viel

Stéphanie Viel est assistante de recherche en oncologie pédiatrique au CHUL. Originaire du Lac-Saint-Charles, c’est dans Montcalm qu’elle a élu domicile. Elle a de nombreuses idées pour son quartier, qu’elle adore. Elle nous en fait part avec enthousiasme.

Émilie Michaud : Quelle est la meilleure saison pour profiter de Montcalm ?Stéphanie Viel : C’est difficile de choisir. À brûle-pourpoint je dirais l’hiver. On est au cœur des festivités du Carnaval et l’anneau de glace des Plaines est au bout de ma rue. Pourtant, j’apprécie surtout la fin de l’été. La grosse saison touristique est passée, donc le quartier appartient de nouveau à ses habitants plutôt qu’aux touristes. Le dynamisme et l’agitation de la rentrée rajoutent de la vie, il y a encore des fleurs, les terrasses, les étals des marchands (je pense à Provisions), et du soleil. C’est parfait.E.M. : Que vous inspire la signature de Montcalm, quartier des arts  ?S.V.  : Je trouve que c’est surtout le cas depuis l’installation des lampadaires sur la rue Cartier. Le fait que la Librairie du quartier ait été sauvée est aussi une preuve. Qu’aurait été un quartier des arts sans librairie ? Il y a le Musée national des beaux-arts du Québec à côté, mais on manque de salles d’expositions pour encourager les jeunes artistes à présenter leurs œuvres. D’ailleurs, je pensais que c’était plutôt Saint-Roch le quartier des Arts. De mon côté, je ne me dis pas artiste, mais j’ai fait un peu de peinture, et je tiens un blogue d’écriture. J’y écris surtout mes rêves nocturnes, plutôt originaux, mais aussi des poèmes, des histoires variées.E.M. : Si vous deviez décrire le quartier à une personne qui habite au bout du monde, que diriez-vous ?S.V. : Je dirais que c’est un quartier plein de recoins, un labyrinthe dans lequel tu prends plaisir à te perdre, que tu redécouvres à chaque fois. C’est un quartier qui est fait pour marcher dans la rue et regarder les gens vivre.E.M. : Est-ce qu’il y a des choses que vous changeriez dans le quartier?S.V. : Avant tout, je dois dire que nous sommes chanceux ici, il y a tout: une animalerie, un cinéma, des supermarchés. Toutefois, j’ajouterais une microbrasserie de quartier, parce qu’elles sont toutes dans Saint-Roch ou peut-être un bar où l’on peut jouer à des jeux de société, comme la Revanche par exemple. D’ailleurs, il y a un local à louer à côté de Moréna, si ça peut inspirer quelqu’un! Ce qui manque aussi, c’est un jardin communautaire, mais je ne sais pas où on le mettrait. En termes de changement, je pense qu’il faudrait rénover et occuper les espaces vides plutôt que de construire de nouvelles bâtisses,  par exemple l’ancien complexe funéraire (coin chemin Sainte-Foy et des Érables). Il faut essayer au maximum de conserver le cachet du quartier, qui est réputé pour ça aussi. Et finalement, le stationnement: l’hiver surtout, ça prendrait un stationnement d’appoint plus proche.E.M. : Si le quartier devenait indépendant, quelle serait sa devise?S.V. :  « Belle de jour, belle de nuit». Belle de jour car quand tu rentres après le travail, vers 16h30-17h,  tu peux apprécier la vie de quartier, l’énergie qui se dégage. Belle de nuit, car quand tu te promènes vers 21h-22h, tu constates la beauté du quartier, sa tranquillité, tu te sens en sécurité.E.M. : Si vous deviez écrire un roman qui se passe dans Montcalm?S.V. : Ce serait certainement un roman contemporain, car je suis visuelle et n’ayant pas connu le quartier dans le passé, je ne pourrais pas faire des descriptions précises. Peut-être un roman policier, les meurtres auraient lieu dans Montcalm. En plus, il y a un détective privé sur Grande-Allée, c’est parfait! E.M. : Quelle est votre implication dans votre communauté?S.V. : Je m’implique culturellement. Mon dojo de karaté est situé aux Loisirs Montcalm. C’est important de faire vivre les associations locales. Je fais aussi mes commissions sur l’avenue Cartier, et j’encourage les commerces locaux en buvant de la bière au bar Jules & Jim, le propriétaire fait du karaté avec moi ! (Rires.)E.M. : Connaissez-vous un endroit secret dans le quartier ?S.V. : Le restaurant Frites Alors!, si tu n’y es jamais allé, c’est plutôt difficile à trouver! Sinon il y a une très belle maison, vers le coin René-Lévesque et des Érables. Une petite maison individuelle avec une clôture, je crois qu’ils ont un jardin. Je me vois vivre dans cette maison!E.M. : Pour finir, racontez-nous une anecdote?S.V. : Il y avait un fantôme dans mon ancien appartement! (rires) L’ancienne locataire m’avait dit qu’un jour, une vieille dame était venue frapper à la porte, lui avait dit que son père était décédé dans le débarras au fond de l’appartement (dont la porte, difficile à barrer, ne se ferme que de l’extérieur). Quand j’y étais, j’avais bien fermé cette porte et pourtant elle s’était ouverte de façon mystérieuse. Je n’osais plus dormir la lumière éteinte.

Soutenez votre média

hearts

Participez au développement à titre d'abonné et obtenez des privilèges.

hearts
Soutenir