Balançoires, parents et santé mentale

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Il faut se dire les choses comme elles sont, le Parc du musée est le parc le plus achalandé du quartier. Avec les grands arbres qui assurent une température confortable même dans les chaudes journées de canicule, sa diversité de modules de jeux et ses jets d’eau, il attire fréquemment plusieurs dizaines d’enfants simultanément. Le parc n’est pas parfait, mais il est diversifié pour les 6 mois à 10-12 ans. Mais voilà, dans sa grande restructuration de l’an dernier, un changement à l’air anodin est venu modifier de façon majeure son offre pour les parents du quartier : le retrait de 3 balançoires pour tout-petits.

Les balançoires pour tout-petits sont ces balançoires qui ont l’air de couche-culotte en caoutchouc. Elles permettent de balancer les enfants à partir de 6 mois. À cet âge, ils n’ont pas beaucoup de jeux à leur disposition dans le parc, mais surtout, les parents n’ont pas beaucoup de temps à eux pour reprendre leur souffle. Ces balançoires favorisent la santé mentale des jeunes parents en leur offrant plusieurs minutes de repos à pousser leur petit, un loisir à l’extérieur, au grand air, qui les valorise dans l’impression de bien s’occuper de leurs petits. De plus, la santé communautaire y gagne puisque je ne compte plus le nombre de discussions impromptues avec des parents aux yeux pochés, qui comme moi, venaient changer la routine au parc le temps d’un après-midi.Il y avait au parc du musée un groupe de quatre balançoires pour petit près de l’entrée qui donne sur l’avenue des Érables et une dans le milieu des jeux pour un total de cinq. Avec le réaménagement, le nombre total est passé à deux. En terme simple, cela veut dire qu’avec mes trois enfants, lorsque je vais au parc, si j’utilise les deux balançoires simultanément, aucun autre enfant ne peut se balancer. Je prive les autres des balançoires, je ne peux plus discuter avec d’autres parents et, savez-vous quoi, je ne relaxe plus puisque je surveille si d’autres enfants veulent les balançoires. Le cas échéant, j’annonce à mes petites de 3-4 ans, qu’elles devront laisser leur place, je me tape leur tristesse. Était-ce si cher? Était-ce si complexe en terme d’aménagement?Et le dernier mot, je le laisse pour toi, Ville, à qui j’adresserai ma suggestion. Toi, Ville, qui est loin d’être aussi réfractaire au changement, aussi bureaucratique que certains te décrivent. Ville, ne limite pas ton analyse de ma demande à envoyer un technicien compter le nombre d’enfants sur les balançoires dans une journée type. Vois-tu, Ville, nous parents, sommes une espèce qui s’adapte. Nous avons commencé à changer nos habitudes, à moins aller au parc. C’est le potentiel qu’il faut évaluer, pas la situation. Est-ce qu’on a dû compter le nombre de piétons sur le bord du boulevard Champlain pour évaluer si la construction d’une promenade était une bonne idée? Allez, Ville, gâte tes tout-petits, donne leur quatre nouvelles balançoires. Tu auras une reconnaissance sur l’investissement qui vaudra bien plus que tu ne l’imagines.