Ambiance carnavalesque à la Galerie d’art Uno

Oeil d'Horus et Le diamant bleu de Françoise Falardeau
Oeil d’Horus et Le diamant bleu de Françoise Falardeau

Des figures déformées, des couleurs très vives, des déguisements qui font penser au carnaval ou au cirque. La nouvelle exposition temporaire à la Galerie d’art Uno peut surprendre au premier abord. Mais la démarche de l’artiste Françoise Falardeau est loin d’être farfelue et rejoint le mouvement des expressionnistes allemands comme Kirchner et Schiele.

« Cette forme d’art m’interpelle beaucoup de par la couleur et de par la liberté d’expression. J’aime la façon dont ces gens-là [les expressionnistes] à l’époque ont dépassé les beaux-arts et la façon dont c’était enseigné. Ils se sont permis d’aller plus loin », explique François Falardeau qui a d’ailleurs appelé son exposition Liberté d’expression – sur les traces des impressionnismes.Dans les tableaux de Françoise Falardeau, on retrouve donc les couleurs vivres, les contours et les formes de la mouvance expressionniste. Les visages sont déformés. Selon l’artiste originaire de Montréal, cette forme d’art rejoint son côté audacieux, la joie de vivre qui est en elle et son esprit carnavalesque. En contradiction, on remarque que le regard des personnes est plutôt triste.Pour la peintre, ce regard est dû aux dessins et croquis qu’elle fait lors d’ateliers avec des modèles vivants qui fixent souvent un point. Au lieu de faire un portrait classique , elle va explorer la ligne, le volume, la lumière et l’émotion. Le regard va donc ressortir et elle part souvent de ses dessins pour peindre d’où les regards tristes que l’on retrouve dans les deux formes d’art.« Est-ce que cette émotion-là est présente dans ma vie ? Peut-être intérieurement, très loin, parce que je suis une personne joyeuse, qui aime la vie et on le voit dans la couleur », s’interroge madame Falardeau.Selon l’artiste, les personnes qui vont regarder les tableaux peuvent voir en premier le côté carnavalesque si elles sont joyeuses alors que d’autres vont accrocher sur le regard, si elles sont tristes. « Quelque part, c’est un reflet de leur âme. »Autre point que l’on peut remarquer dans ses tableaux, des blocs qui s’imbriquent les uns dans les autres. L’artiste analyse ce phénomène par le travail qu’elle a exercé pendant 30 ans à Radio-Canada, c’est-à-dire, créer des plans d’aménagement pour les bureaux et les studios.Liberté d’expression – sur les traces des impressionnismes est à découvrir à la Galerie d’art Uno jusqu’au 31 août.