Corps amour anarchie – Cette danse des étoiles

Crédit : Les corbeaux - Chorégraphie par Emmanuel Jouthe - Photo © Alejandro Jiménez – avec Philippe B et Philippe Brault
Crédit : Les corbeaux – Chorégraphie par Emmanuel Jouthe – Photo © Alejandro Jiménez – avec Philippe B et Philippe Brault

Léo Ferré (1916-1993) aurait fêté ses 100 ans cette année. Pour souligner l’anniversaire symbolique de l’artiste, PPS Danse et Coup de cœur francophone ont coproduit un spectacle interdisciplinaire dans lequel la danse, la poésie et la musique célèbrent son génie avant-gardiste.

De passage au Grand Théâtre de Québec les 6 et 7 décembre dernier, ce spectacle, conçu et dirigé par Pierre-Paul Savoie, directeur artistique de PPS Danse, sous la direction musicale de Philippe B et de Philippe Brault, propose de vivre l’œuvre de Léo Ferré dans une approche originale et créative, celle de la danse-théâtre contemporaine.Cet hommage à l’auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète qui revendiquait l’anarchie – son grand cri poético-critique – comme une formulation politique du désespoir, est un projet honnête qui séduit assurément les fans n’ayant que peu d’occasions de célébrer ensemble l’œuvre de leur légende. Le langage artistique des six danseurs apporte de l’ampleur aux textes et aux chansons dont les performances sont réalisées par des interprètes et par Ferré lui-même.Le temps ne compte plus pendant que se succède dans notre cœur les19 pièces sélectionnées du répertoire connu et un peu moins connu du poète. Intimiste, la scénographie laisse toute la place aux chorégraphies qui intègrent habilement les chanteurs, mais non pas les musiciens qui, placés au fond de la scène, ont une présence un peu accessoire.Il faut reconnaître la pertinente synchronicité de cette proposition dansée de l’œuvre de Ferré, notamment celle de Roxane Duchesne-Roy qui, chantant et dansant la Marizibil d’Apollinaire, nous faisait espérer d’autres interprétations du même genre, mais ce ne fut pas le cas. Suite à sa prestation, j’ai trouvé que plusieurs interprétations chantées s’avéraient beaucoup moins incarnées et convaincantes que la sienne. Cela m’a fait regretter que ce ne soit pas la voix de Ferré qui guide le pas des danseurs.J’espère que cette danse-poésie inspirée de Léo Ferré poussera d’autres compagnies à proposer de tels projets. Les poèmes à danser ne manquent certes pas, à commencer par Le serpent qui danse de Baudelaire :« À te voir marcher en cadence, Belle d’abandon,On dirait un serpent qui danseAu bout d’un bâton. » (Extrait)

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