Exposition : Denis Jobin, capteur d’âmes

La perle du désert par Denis Jobin

J’ai déjà exprimé mon amour inconditionnel pour le studio Namaste Yoga Montcalm. Un lieu pour se faire du bien, prendre du temps pour soi et dire à son corps et sa tête qu’on les aime. Vous voulez une autre raison de le fréquenter ? Les propriétaires, David et Sonia, ont pris l’initiative d’encourager des talents locaux en leur offrant une vitrine pour y exposer leurs œuvres. Ce n’est pas génial ça ? Depuis déjà quelques semaines, ce sont les portraits du photographe Denis Jobin qui habillent les murs du studio. Des portraits hétéroclites, qui illustrent merveilleusement la diversité des pays où ils ont été pris. L’approche est toujours humaine, sensible et respectueuse.

Lorsque j’ai vu les images captées par la lentille de Denis Jobin pour la première fois, j’ai été happée par la profondeur des regards, l’authenticité des expressions et la beauté des visages dont les imperfections sont parfaitement mises en valeur.Ancien facteur, Denis Jobin a commencé à s’intéresser à la photographie alors qu’il était au Collège de Limoilou : « À ce moment, on faisait de la photo en développant nos films et on imprimait en noir et blanc sur du papier argentique. Depuis, je me suis mis au numérique, et la passion de la photo est revenue à ma retraite. »

C’est en 2009, lors d’un voyage en Thaïlande, qu’il a fait ses premiers portraits : « Je suis tombé sur des jeunes dans une cour d’école, dans un petit village isolé, et j’ai fait mes premiers portraits. Et là, ça a été un électrochoc. » Cette onde de choc est partagée par celui ou celle se trouvant devant certains cadres dont les images sont d’une véracité quasi troublante, fruit d’un don particulier pour exposer l’âme humaine.

Plus qu’un parcours esthétique, les portraits de Denis Jobin nous proposent un voyage à travers des bouts d’humanité, des bribes d’existence, des instants d’intimité. L’humilité du photographe, laissant toute la place aux couleurs et à la lumière singulière des sujets, donne l’impression d’accéder à l’essence même des personnalités. Une essence universelle dont la présence se manifeste, peu importe la culture et la nationalité du sujet.Denis JobinCes expressions, ces moments de vie, sont saisies au gré des rencontres de Denis Jobin. Des opportunités qui se présentent ou qu’il provoque et qui, parfois, donnent lieu à des situations plutôt loufoques : « Quand j’étais en Bolivie, je voulais prendre à distance une vendeuse de maïs au marché. Lorsqu’elle m’a vu m’installer, elle m’a crié après en me lançant des épis de maïs… je n’ai évidemment pas pris la photo. »Mais il y a aussi des moments magiques, des rendez-vous impromptus qui, heureusement pour nous, ont pu être saisis par l’œil attentif et attentionné de Denis Jobin : « La photo “La perle du désert”, une petite indienne de Jaipur en Inde, est une rencontre fortuite dans une rue passante. J’ai demandé à la petite si elle voulait poser et elle a accepté tout de suite. Elle a posé comme une véritable professionnelle. Avec un naturel qui m’a permis de prendre l’une de mes plus belles photos. »Chacune des photos porte donc son histoire, sa réalité, sa vérité. On se demande comment le photographe amateur fait pour plonger dans les yeux des protagonistes avec une telle aisance. Peut-être est-ce son métier de facteur qui lui a donné la capacité d’observer et de comprendre le monde qui l’entoure, lui, qui livrait les nouvelles, bonnes ou mauvaises, aux gens de son quartier.De porteur de messages, Denis Jobin est donc devenu capteur d’âmes. Et, de cette vocation, souhaitons qu’il ne prenne jamais sa retraite.L’Expo-Photos se poursuit jusqu’au 31 mars. Vous pouvez la voir, au Namaste Yoga, du lundi au jeudi entre 13 h 30 et 16 h, les vendredis entre 13 h et 13 h 30, les samedis entre 10 h 30 et 11 h et les dimanches entre 11 h et 11 h 30.Vous pouvez aussi visiter le site de Denis Jobin.