Morin par Jean Morin

Jean Morin

Saviez-vous que le propriétaire de la boutique Urbain Prêt-à-Porter, Jean Morin, est aussi un bricoleur et un artiste ? Le bois fait partie intégrante de son univers, un matériau qui a selon l’artiste une grande profondeur et avec lequel il se sent en complète harmonie. De cette symbiose en découlent des oeuvres originales qui ont un petit côté ethnique qui rappelle l’Afrique.

Jean Morin a toujours aimé bricoler. Mais il n’avait pas le côté artistique. Avant de se lancer dans le commerce, il étudiait en administration, un univers très loin de la peinture et la décoration. Il était une personne très rationnelle. Il a rencontré la mère de ses enfants qui était une artiste et en l’espace de deux ans les rôles se sont comme inversés et depuis il s’amuse à fabriquer des pièces comme des lampes, des petits meubles à partir d’objets qu’il ramasse dans la nature. Il crée aussi des bijoux avec des matériaux naturels.« Tranquillement, ce côté artistique est venu s’intégrer dans mon mode de vie », explique l’artiste. Peu à peu, il s’est mis aussi à la peinture, mais jamais avec l’idée de vendre ni même exposer ses toiles. Il ne se sentait pas prêt. Puis il y a six ans, il a commencé à mettre des toiles dans sa boutique de la rue Saint-Joseph avant de les rapatrier sur Cartier quand Unité a fermé en janvier.Il travaille en trois dimensions et va chercher des matières nobles comme le bois ou le métal qu’il trouve dans la nature. Il explore mille et un aspects et il y a toujours une histoire à l’arrière de chaque toile. « Ça peut être une pièce de bois dans laquelle je vois une femme. Ça peut-être le chemin de la vie. Ça dépend toujours de ce que je vois, c’est intégré et non ajouté. »L’artiste est très inspiré par les textures et ce qu’on retrouve dans la nature comme les couleurs, les teintes ou les ombrages. Ce qui vient le chercher le plus, le bois dont il pense qu’il a la même énergie que lui. « Je me sens bien avec le bois, je suis toujours en train de le toucher. Il y a coté brute, mais aussi un côté doux et sensible. Ce que j’aime dans mes toiles, c’est qu’on peut les toucher. » Il dit souvent à ses clients de les flatter et de les frotter comme quand on passe la main sur objet et qu’on fait un voeu.

Laisser la nature faire son oeuvre

Dès qu’il a commencé à exposer des toiles, le succès a été immédiat, mais Jean Morin refuse de se mettre de la pression et il peut mettre plusieurs mois avant de terminer une oeuvre. Un peu comme les objets dans la nature.Il peut laisser les pièces où il les a vus pendant des mois avant de les ramasser et quand il les récupère les laisser trainer dans son établi avant de les utiliser. Mais il sait que chaque objet qu’il collectionne va lui servir à un moment donné.« Je fais du vélo de montagne et souvent les gars rient de moi, parce que je leur dis que je vais venir chercher une pièce que j’ai vue. Ça peut pendre trois mois, deux ans, mais je sais que mon morceau de bois ou mon clou est dans la forêt ou dans l’eau quelque part et je le retrouve », raconte-t-il.

Le quartier Montcalm

Jean Morin est installé sur l’avenue Cartier depuis les années 1980 où il a eu différentes boutiques. S’il a aussi ouvert une boutique pendant six ans dans un autre quartier, Saint-Roch, Montcalm a quelque chose d’unique qui vient le chercher. « L’été c’est le fun d’avoir les portes ouvertes et de parler aux gens et c’est beau à l’extérieur. »Il ne se voit pas aller dans un centre commercial où le contact avec la clientèle n’est pas pas du tout le même. « Je suis un gars de rue, je n’aime pas les numéros, ça ne m’intéresse pas 1000 clients qui entrent dans ma boutique. » Il estime que quand des clients viennent dans sa boutique, c’est pour avoir un service personnalisé. Ce qu’il aime, le contact humain et le côté chaleureux.

Espace U chez Urbain Prêt-à-porter996, avenue Cartier

 

Soutenez votre média

hearts

Participez au développement à titre d'abonné et obtenez des privilèges.

hearts
Soutenir