Nathalie Roy prend « sa retraite » de présidente de la SDC Montcalm

Nathalie Roy
Nathalie Roy lors de la Folle Foire dans le cadre de l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde.

Nathalie Roy ne renouvellera pas son mandat après huit ans comme présidente de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm a appris Monmontcalm lors de l’assemblée générale de la SDC qui se tenait mardi au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).

Réélue au printemps dernier, la propriétaire d’Arnold Chocolats Gourmands a annoncé qu’elle prendrait « sa retraite » à la fin de son mandat l’an prochain. Après 12 ans d’engagement au sein de l’association des commerçants de Montcalm, dont huit, comme présidente, Nathalie Roy estime qu’elle a accompli son travail et qu’il est temps de laisser sa place.« Je suis dans une passe de ma vie que j’appelle projet liberté. Chose que je n’ai pas beaucoup connu dans ma vie et je veux prendre soin de moi. Quand on arrive dans la cinquantaine, on perd de plus de gens autour de nous, ça fait réfléchir », explique celle qui a du mal à dire non quand on la sollicite et qui siège aussi sur la fondation d’une école qu’elle a fréquentée et sur le comité de travail des Food Truck.Quand madame Roy a commencé à s’impliquer, la SDC n’existait pas encore. Il s’agissait d’une association avec adhésion volontaire des commerces. Le budget était donc « plutôt mince » au dire de Nathalie Roy. Elle voyait que la jeune directrice de l’époque travaillait fort pour essayer de faire quelque chose pour dynamiser l’artère commerciale. De nature généreuse, la propriétaire de la chocolaterie s’est de plus en plus impliquée afin de structurer l’association et donner le goût aux commerçants d’en faire partie.Présente sur l’avenue  Cartier depuis 1997 avec sa chocolaterie, Nathalie Roy était « très tout feu, toute flamme » et « très excitée » d’être sur cette avenue. Si au début ça allait bien, la commerçante a bien senti « le glissement de l’achalandage » au fil des années. Il y a eu une migration de la population vers la banlieue et les tours à bureaux se sont beaucoup vidées pour aller s’installer hors centre-ville.« Quand Marc-André [Pâlin] est arrivé comme directeur, l’avenue Cartier connaissait une sorte de baisse au niveau de l’achalandage. On disait que le quartier était vieillissant. Les images véhiculées étaient un peu plus noires et négatives, raconte Nathalie Roy. On s’est dit, on ne peut pas laisser les choses aller. Faut mettre quelque chose en place. »

La transformation de l’association en SDC

Une firme de consultants a donc été engagée afin de savoir dans quelles directions aller, connaitre le profil de la clientèle et comment assurer la vigueur commerciale au centre-ville et la survie des commerces.Dans le même temps, la Ville de Québec a amorcé un processus pour transformer les associations en SDC afin que les artères commerciales deviennent de plus en plus autonomes et puissent avoir un meilleur budget.Selon Nathalie Roy, cela n’a pas été facile de convaincre les commerçants de ce changement qui impliquait l’adhésion obligatoire. « Il a fallu leur montrer les bons arguments. » Certains l’ont vu comme une taxe supplémentaire déguisée de la ville alors que le loyer et les taxes commerciales sont déjà excessivement chers dans Montcalm. Malgré tout, la majorité des commerçants de Montcalm ont accepté de devenir une SDC afin de dynamiser l’artère commerciale.« Ça devient une question de survie aussi pour les commerces à un moment donné, affirme madame Roy. On a parlé de touristes dans le quartier. On a dit, on ne veut pas que le quartier soit dénaturé par le tourisme. Ce qui est tout à fait vrai, mais on a qu’en même besoin d’un minimum de gens qui assument une certaine vigueur dans le secteur qui nous permet de continuer d’assurer le commerce de proximité pour les gens qui vivent à l’année dans Montcalm.»Il n’y a pas beaucoup de locaux vides sur l’artère commerciale, mais certains le sont depuis des années et ne trouvent pas preneur. Nathalie Roy ne cache pas qu’il y a encore beaucoup de travail pour attirer des commerces dans le quartier et que les coûts d’exploitation avec le loyer et les taxes ne sont pas accessibles à tous.

« Si on ne veut pas que ça explose [les coûts] et être avalé par des chaines, va falloir s’asseoir, en discuter et se poser les bonnes questions, clame la présidente de la SDC Montcalm qui s’interroge sur ce qui doit être fait pour préserver le vrai commerce de proximité et éviter que des chaines s’installent dans le quartier.

Signature Quartier des arts

Avec la création de la SDC Montcalm, les commerçants ont pris la décision de se doter d’une signature qui les caractériseraient et qui rendrait le quartier Montcalm attrayant pour une catégorie de touristes. Avec dans son périmètre des organismes dont la mission est orientée vers l’art comme le Musée national des beaux-arts du Québec, le Grand Théâtre de Québec, le Périscope et la Galerie d’art Uno, cela n’a pas été long de choisir comme signature le Quartier des arts.Signature que les commerçants ont peu à peu intégrée en prêtant par exemple leurs murs à des artistes pour qu’ils s’exposent. L’avenue Cartier est illuminée par des abats-jours géants vêtus d’œuvres d’art issues de la collection du MNBAQ depuis deux ans.Si Nathalie Roy est fière de tout le travail accompli, elle estime qu’il y a encore place à l’amélioration avec par exemple une déclinaison des activités et « réussir à faire quelque chose sans que cela devienne une pizza et un centre de foire ». Son successeur et le directeur actuel de la SDC, Jean-Pierre Bédard, qui vit dans Montalm devront trouver l’équilibre entre des résidents heureux dans leur quartier et la préservation de la santé des commerces.