Richard Desjardins symphonique II – Plus grand que nature

Richard-Desjardins_OSQ

Richard Desjardins était de passage au Grand Théâtre de Québec dernièrement en formule philharmonique avec l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ). Richard Desjardins symphonique II était un voyage fabuleux au pays de ce monstre sacré de la chanson québécoise, un beau grand slow de deux heures sous la direction du chef d’orchestre Gilles Bellemarre. Les deux complices ajoutent ainsi un nouvel opus à leur aventure ayant débuté il y a maintenant dix ans.

Le répertoire singulier de Richard Desjardins est sans conteste magnifié par les cordes, cuivres et percussions qui donnent une ampleur plus grande que nature aux textes et histoires tantôt chantés, tantôt déclamés. Les pièces sont intercalées de courtes interventions parfois anecdotiques qu’il puise dans son vécu, mais aussi dans ses questionnements, ses prises de position ou encore dans les recherches qui l’animent. Il réussit ainsi à nous faire réfléchir sur l’humain du passé, du présent et du futur.

La pièce racontant le Massacre de Lachine en 1689, un épisode noir de notre histoire, représente le point culminant du concert. Les raisons ayant poussé des Iroquois à massacrer plus d’une centaine de colons français étaient assurément questionnables, et c’est ce que fait Desjardins qui propose de remettre les pendules historiques à l’heure.

Le point de vue qu’il propose diffère de ceux auxquels nous avons été habitués ces dernières années, où les Français sont notamment dépeints comme un peuple ayant fait preuve d’une ouverture sans animosité avec les Premières Nations. Il pourrait aussi s’agir d’une petite remise à l’ordre après le documentaire L’Empreinte et les dernières sorties publiques de Roy Dupuis sur le film Le Revenant.

Tout au long du concert, j’étais comme hypnotisée par la présence scénique de Desjardins dont le charisme rappelle celui d’un Gilles Vigneault, ou même d’un René Lévesque. Se plaçant parfois un peu en retrait pour mieux apprécier l’orchestre lors des passages uniquement musicaux, on le sentait vivre intensément chaque seconde du concert.

Desjardins est solide et fort comme un arbre. Ses pieds plantés sur la scène me faisaient penser aux racines d’un conifère s’agrippant à tout ce qui se trouve sur le sol pour se renforcer. Quant à ses bras expressifs, ils s’agitaient telles les branches robustes d’une épinette balayée par la neige. Et sur la cime de cet arbre inusité se posaient toutes sortes d’oiseaux qui, par leur chant, répandaient dans la forêt une poésie verte et boréale.

Voilà ! J’aurai dans ma vie croisé l’arbre Richard Desjardins dans sa forêt symphonique.

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