François Marchand : « Cap-aux-Diamants, c’est mon coin » | 14 octobre 2017 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo: Céline Fabriès

François Marchand : « Cap-aux-Diamants, c’est mon coin »

François Marchand est un avocat spécialisé en droit municipal dont le bureau est situé dans le Vieux-Québec. Il réside dans le quartier Montcalm depuis 40 ans. Fervent défenseur du Marché du Vieux-Port, il a enclenché un procédure judiciaire contre son déménagement. En entrevue éditoriale avec Monmontcalm, François Marchand nous explique les raisons de sa candidature et son choix d’être indépendant.

François Marchand se présente comme indépendant, mais il assure ne pas être en guerre contre Anne Guérette. Après sa défaite à la course à la chefferie de Démocratie Québec, il aurait aimé être candidat pour le parti dans Cap-aux-Diamants, mais pas comme colistier d’Anne Guérette.

« On m’a offert d’être candidat ailleurs en ville, mais moi je n’étais pas à l’aise parce que je vis près de la rue Cartier et je travaille dans le Vieux-Québec. C’est mon coin », explique François Marchand.

L’avocat a pris sa décision après avoir réfléchi longuement parce qu’il est inquiet du résultat de l’élection le 5 novembre et il craint la disparition complète de Démocratie Québec.

Il y a un risque important que monsieur Labeaume fasse élire 20 conseillers sur 21 à l’exception de monsieur Bussières et ça m’inquiète beaucoup.

Le candidat indépendant ne croit pas diviser le vote en se présentant et pense être le seul à pouvoir répondre aux revendications des électeurs du district.

Il y a beaucoup de sentiments anti-Labeaume dans le district, c’est quand même une clientèle qui n’aime pas naturellement le style de monsieur Labeaume, je l’entends plusieurs fois par jour et je pense tirer bénéfice des gens qui ne veulent pas de monsieur Labeaume et qui ne souhaite pas voter madame Guérette.

Des rues conviviales et le respect des piétons

Pour assurer une bonne qualité de vie aux citoyens, François Marchand préconise la création de rues conviviales. « La rue conviviale, c’est une rue où on se sent à l’aise de marcher, qu’on est bien en vélo, qu’on peut y accéder facilement en transport en commun et par l’automobile. »

Il se sent également à l’aise avec la piétonnisation graduellement de certaines rues à condition qu’il y ait une fonction résidentielle assez forte et pas forcément à longueur d’année. « Est-ce qu’au mois de janvier c’est souhaitable alors qu’il y a moins de monde dans les rues ? », s’interroge François Marchand.

Pour donner plus de places aux piétons et un sentiment de sécurité, il souhaite un élargissement des trottoirs, un rétrécissement au niveau des passages piétons, une signalisation piétonne plus visible et une limitation de la vitesse à 30 km/h y compris sur le boulevard René Lévesque.

Les intersections sont dangereuses. J’ai vu un touriste américain s’arrêter à un signal piéton, il s’est fait klaxonner par un Québécois en arrière. Comme ma blonde dit neuf sur dix tu t’en tires, mais la 10e fois tu vas peut-être te faire ramasser par un véhicule.

En ce qui concerne les pistes cyclables, François Marchand reproche à la Ville sa lenteur d’exécution et de favoriser les parcours récréatifs au lieu de trajets utilitaires.

« Faut favoriser les trajets rectilignes, le réseau s’améliore, mais c’est long et il n’y a pas encore cette philosophie-là de nos élus pour faire en sorte que le vélo, c’est une auto de moins, c’est de l’exercice physique, ça rend la vie plus agréable. », recommande-t-il.

Marché du Vieux-Port et commerce de proximité

François Marchand est farouchement opposé au déménagement du Marché du Vieux-Port. L’avocat a entamé une procédure judiciaire pour sauver le marché. « Les gens ne comprennent pas pourquoi on ferme un marché qui fonctionne bien pour un autre qui ne fonctionnera peut-être pas », plaide-t-il. « Il y avait un budget de cinq millions, il y a deux ans et ça a été annulé. Il est vétuste parce que la Ville le veut bien. Les résidents y vont, mais aussi les touristes. les touristes n’iront pas à Expocité, soyez-en assuré », poursuit-il.

Selon le candidat, les artères commerciales vont bien en particulier l’avenue Cartier, mais il faut en prendre soin.

La rue Saint-Jean mérite d’être rafraîchie, il y a beaucoup de locaux disponibles, je suis un partisan de l’enfouissement des fils et un anti-graffiti, il n’y a pas assez d’efforts pour que le quartier soit beau et attrayant.

Il demande un gel des taxes pour les petits commerces. « La taxe commerciale est basée sur la valeur immobilière, j’ai toujours pensé qu’il y avait une injustice dans la taxation pour les plus petits », estime François Marchand qui envoie également une pique au plan commercial et l’aide pour la vente en ligne. « Je ne suis pas sûr que l’achat en ligne soit la préoccupation première des commerçants, c’est beaucoup axé sur des services de proximité donc vous ne commandez pas forcement leurs produits en ligne. »

Attirer des résidents et des touristes

François Marchand a très envie d’attirer des résidents dans le Vieux-Québec, mais selon lui, ce n’est pas en enlevant des commerces de proximité et en déménageant l’Hôtel-Dieu que cela va être possible. « Comment il [Régis Labeaume] va ramener ça. Le marché disparaît, le déménagement de l’Hôtel-Dieu, on ne sait pas ce qui va arriver », demande-t-il.

Pour François Marchand, l’avenir se trouve dans une densification intelligente. « Il faut faire en sorte de modifier les zonages pour que les immenses stationnements actuels deviennent souterrain et qu’on puisse construire en superficie. C’est ça l’avenir d’un quartier urbain en densifiant intelligemment. »

Cap-aux-Diamants attire chaque année de nombreux touristes et Airbnb s’est développé fortement en particulier dans le Vieux-Québec. Selon François Marchand, Airbnb est là pour rester. Il recommande un Airbnb exclusivement résidentiel et une protection des locataires.

Il faut que la personne qui loue habite réellement l’appartement. Ça prend des mesures pour protéger les locataires parce que c’est plus payant de faire du Airbnb. On vide un quartier comme ça.

L’électrification du transport en commun

Le candidat indépendant prône l’électrification du transport en commun comme dans de nombreuses villes dans le monde.

Je pense qu’on va y venir tôt ou tard, les villes les plus intéressantes dans le monde ne font pas une ceinture d’autoroute, c’est dépassé. C’est une ceinture verte avec un solide transport en commun et une densification intelligente. C’est ça qui va faire en sorte que la ville de Québec ne se transformera pas en un immense stationnement à ciel ouvert. C’est ça qui arrive à Bordeaux, à Ottawa, à Portland. Même à Calgary, ils ont déjà un métro.

Et pour François Marchand, le futur mode de transport structurant devra passer par la Haute-Ville, mais il devra également desservir la Rive-Sud jusqu’à Charlesbourg et Beauport.

« C’est important pour nos quartiers centraux pour éliminer une circulation de transit, c’est vital pour René Lévesque et colline Parlementaire, qui aux heures de pointe sont littéralement envahis par la circulation », prévient le candidat.

Il souhaite également améliorer le transport en commun dans Cap-Blanc avec des autobus plus fréquents et désengorger ainsi le Vieux-Québec.