La course à pied, portrait d’un phénomène | 9 août 2017 | Article par Marine Lobrieau

Crédit photo: Marine Lobrieau

La course à pied, portrait d’un phénomène

Qu’ils soient des coureurs réguliers ou occasionnels, professionnels de la santé ou conseillers en équipement, chacun s’accorde à dire que la course à pied est un sport aux multiples vertus. Recherche de performance ou simple loisir, phénomène de société ou simple effet de mode, portrait d’un sport très pratiqué dans le quartier.

Que ce soit sur les plaines, au niveau des avenues, aux croisements des rues, beaucoup de coureurs s’adonnent à cette activité. Cet engouement se traduit, à travers les différents témoignages, par la recherche du bien-être, de l’entretien physique et la possibilité de « décompresser » après une journée de travail. Ce sport multi-facette semble donc être à la portée de tous et réunir un maximum d’adeptes.

L’une des explications qui joue en faveur de la discipline est indéniablement son accessibilité technique. « La pratique de la course à pied nécessite peu d’équipement », confirme Blaise Dubois, copropriétaire des cliniques de physiothérapie et médecine du sport PCN et fondateur de la Clinique du coureur.

La popularité de ce sport est indéniable et se ressent au sein du quartier. Sébastien, l’un des conseillers en vente de la boutique Le coureur nordique met en lumière le « boom » de la pratique de ce sport « surtout l’été ». Il explique également que la discipline « touche tout le monde et partout », car elle s’avère être « peu cher et peut convenir à tous ». Les témoignages se rejoignent pour qualifier cette pratique de simple, accessible, et économique.

Qui plus est, ce sport est hautement recommandé par les professionnels de santé. « Les avantages point de vue santé public global sont énormes », atteste monsieur Dubois.

« L’homme moderne est à un tournant, la majeure partie de ses problèmes de santé sont liés à l’environnement et surtout à l’inactivité physique », explique le physiothérapeute. « 70 % des maladies sont directement reliées à l’environnement, l’inactivité physique tue plus que l’obésité le diabète et la fumée de cigarette réunis, ce sont des données très éloquentes. »

Une autre dimension entre également en jeu. La dimension sociale qui se retrouve au niveau de la pratique du sport en club. Les boutiques Le coin des coureurs et Le Coureur Nordique organisent des départs de course où se réunissent plusieurs fois par semaine des adeptes. Ces réunions ouvertes à tous, et dont la participation est gratuite sont vues comme un point de rendez-vous incontournable pour les fidèles de Montcalm.

Les gens se réunissent aussi pour avoir ce contact, ce sont souvent les mêmes personnes, qui à la longue sont devenues amis », confirme, Alexandre Lévesque, l’un des accompagnateurs de course du Coin des coureurs.

La course à pied est aussi et surtout l’occasion d’associer partage et découverte des différents sentiers du quartier. Motivation de groupe et interaction sociale sont également des critères recherchés par les coureurs.

Vers la commercialisation d’une tendance

Parallèlement, un autre phénomène se dessine, celui de la « stylisation » des coureurs.  Il ne doit pas être confondu « avec le mode de vie » que l’on se crée à travers cette pratique et « l’effet de mode recherché par le biais des vêtements et les publications de photos sur Instagram », précise l’un des conseillers de la boutique Le coureur Nordique.

Néanmoins, Blaise Dubois dénonce une tendance poussant à « la commercialisation de la course à pied ». Le coureur devient donc « consommateur des produits de course » au détriment de l’application des bonnes pratiques de ce sport. Parlant « d’une pyramide de mauvaises croyances » liée entre autres à la pression des marchés, et qu’il est nécessaire de réformer.

L’amorti étant central dans la pratique de ce sport, l’apprentissage des bonnes pratiques de course à pied s’avère ainsi nécessaire afin de limiter au maximum les blessures. S’équiper oui, tout en ayant en tête qu’« il y a un intérêt conscient ou inconscient des détaillants de ne pas trop vendre de chaussures minimalistes et simples », poursuit Blaise Dubois.

La course à pied s’institutionnalise dans le quartier et devient une réelle tendance. Tant et si bien que les spécialistes rappellent que ce phénomène ne doit pas occulter la nécessité d’une bonne pratique sportive et d’un équipement approprié.