« Le projet de l’Îlot Esso amélioré grâce au référendum »

Édifice_George_Etienne

POINT DE VUE / Lise Santerre, ancienne présidente du conseil de quartier de Montcalm répond au maire de Québec, Régis Labeaume, par rapport à ses propos sur le référendum sur le projet de l’îlot Esso qui, selon le maire, a amené la construction d’un moins bel immeuble que le projet initial.

J’aimerais attirer votre attention sur le fait que’après avoir revu leur projet à la baisse, et, contrairement à ce que le maire Labeaume a affirmé en commission parlementaire en disant que c’était de mauvais projets (messieurs Campeau de GM Développement et Grondin de Miradas doivent être contents d’entendre de tels propos), les promoteurs ne sont pas du même avis. Ainsi, David Grondin, promoteur du projet Esso, dans une entrevue avec Valérie Gaudreau dans Le Soleil en 2014 :

« Avec un bâtiment plus sobre, David Grondin dit proposer un projet qui s’harmonise davantage avec les immeubles environnants, dont celui qui abrite le Cinéma Cartier. «On a une meilleure intégration», a-t-il reconnu à propos du projet qui verra le jour sur l’un des rares terrains vacants du quartier Montcalm qu’il a acheté en 2011.

Comme le principal problème qu’avaient identifié les citoyens était précisément celui du manque d’intégration harmonieuse du projet initial de six étages à son environnement, le référendum, à l’occasion duquel 77 % des participants ont rejeté le projet, a réellement contribué à améliorer celui-ci.Autre « fait alternatif » avancé par monsieur Labeaume et qu’on se plaît à répéter sans plus de vérification, le fait de limiter le bâtiment à quatre étages aurait empêché le promoteur de proposer de grands logements. Monsieur Labeaume est tout à fait au courant de l’existence du règlement de la ville sur les grands logements. Que le bâtiment ait deux, quatre ou six étages, les promoteurs sont tous soumis à la même règle d’offrir un certain nombre de grands logements.J’aimerais ajouter que la densification, avec laquelle nous sommes tous d’accord parce qu’elle a pour effet d’améliorer les services disponibles, mérite qu’on mette quelques nuances dans le discours et qu’on procède avec diligence. Densifier des milieux surchargés, qui souffrent déjà des inconvénients qu’une trop forte densification entraîne nécessairement : la congestion automobile et la pollution par exemple. Est-ce que c’est cela qu’on veut? Par ailleurs, prétendre qu’ajouter deux étages supplémentaires à un bâtiment, dix appartements et une vingtaine de résidants va dynamiser une artère commerciale et un quartier est abusif, voire mensonger. Parlez-en à n’importe quel commerçant.