Maud Rusk : « Cap-aux-Diamants tatoué sur le coeur » | 16 octobre 2017 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo: Céline Fabriès

Maud Rusk : « Cap-aux-Diamants tatoué sur le coeur »

En entrevue éditoriale avec Monmontcalm, la candidate d’Équipe Labeaume, Maud Rusk partage son amour pour la Haute-Ville et son envie de faire de ce district un endroit où les piétons se sentent en sécurité. Femme de coeur et d’écoute, Maud Rusk répond aux questions sur le transport actif, le commerce de proximité et la vie résidentielle.

La candidate d’Équipe Labeaume, Maud Rusk, a déménagé dans Saint-Roch il y a six mois, après avoir vécu des années dans Montcalm et dans Saint-Jean-Baptiste. Son amour pour le district Cap-aux-Diamants n’a pas disparu pour autant. Alors, quand Régis Labeaume l’a approchée pour remplacer Nathalie Roy transférée dans Beauport, elle n’a pas hésité une seule seconde.

C’est vibrant ici, c’est vivant, c’est le commerce de proximité. C’est super important pour moi.

Faire face à Anne Guérette, candidate sortante du district, ne lui fait pas peur, bien au contraire. « J’aime les défis, c’en est un, mais il n’est pas insurmontable. Je connais plein de monde, mes amis habitent là, je fais mes courses », souligne Maud Rusk.

Issue du milieu culturel, elle souhaite faire campagne avec sa personnalité et ses valeurs.

Des quartiers qui se vivent en mode actif

Comme de nombreux résidents du district, Maud Rusk ne possède pas de voiture et se déplace majoritairement à pied. Sans vouloir faire la guerre à l’auto, la candidate d’Équipe Labeaume exprime ce que la plupart des résidents du district ressentent comme piétons.

Je trouve que ça roule vite. On attend longtemps quand on veut traverser une rue et ce n’est pas toujours sécuritaire.

Interrogée sur la piétonnisation de certaines rues comme l’avenue Cartier ou la rue Saint-Jean, la candidate de l’Équipe Labeaume avoue espérer une telle réalisation dans le futur, mais croit qu’il faudra du temps. « Je pense que les gens sont de plus en plus réceptifs, mais si cela se fait comme un choc, ça ne marchera pas. »

Elle aimerait également un meilleur partage de la route entre les différents usagers et un comportement plus civilisé des automobilistes, mais aussi de certains cyclistes. « On peut entre autres penser à l’intersection au bas de la côte du Palais. Il est actuellement hasardeux de s’y frayer un chemin. Une bonne réflexion doit être faite pour améliorer ce secteur. »

Maud Rusk promet plus de rues conviviales comme la rue Sainte-Claire dans Saint-Jean-Baptiste. « Toutes les rues qui seront refaites dans le Vieux-Québec le seront à partir des modèles des rues conviviales, de sorte que tout le monde y ait accès. »

Le commerce de proximité

Vie de quartier veut dire aussi artère commerciale. Des commerces attrayants et de proximité qui répondent aux besoins des résidents tout en attirant des gens de l’extérieur. Face à la concurrence de la vente en ligne, la Ville de Québec a annoncé il y a un quelques semaines une subvention pour aider des commerces à se lancer dans la vente en ligne. Cette annonce a été accueillie plutôt timidement par les commerçants, qui réclament une baisse des taxes.

Maud Rusk a rencontré plusieurs commerçants depuis le début de la campagne électorale et elle entend leurs doléances. « Je comprends que c’est un irritant […], mais c’est difficile de la couper, la taxe », souligne-t-elle. « On verra ce qui sortira de l’étude sur la fiscalité par le comité de travail. »

Elle rappelle aussi la vitalité économique à Québec et que toutes les fermetures de commerces ne sont pas dues à la taxe. « Par rapport à ce qui est sorti dans Saint-Jean-Baptiste, dans les commerces qui ont fermé, il y a des propriétaires qui sont morts, monsieur Langlois qui a pris sa retraite, le Carthage qui a déménagé », relate la candidate. « Il y a quand même des commerces qui ont ouvert, c’est une espèce de cycle, mais c’est clair qu’il faut prendre soin des artères commerciales », poursuit-elle.

Pour conclure sur le virage numérique, Maud Rusk le voit comme un complément à la vente en boutique. « Le commerce sur rue offre une expérience client et la vente en ligne va venir renforcer cette expérience, et la Ville est en mesure d’accompagner les personnes dans ça. »

Autre particularité du district, le Marché du Vieux-Port qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. Pour Régis Labeaume, le Marché du Vieux-Port doit déménager à ExpoCité avec l’aménagement du Grand Marché central.

Je comprends que les gens soient déçus, mais les touristes et les résidents vont pouvoir retrouver des produits avec le projet de marché place de Paris. Est-ce qu’il pourrait durer de façon annuelle ? C’est à voir.

La vie résidentielle dans des quartiers qui attirent les touristes

Régis Labeaume a promis de ramener 500 résidents dans le Vieux-Québec alors qu’Airbnb attire les touristes et les promoteurs immobiliers. Maud Rusk a déjà utilisé Airbnb à Terre-Neuve parce qu’il n’y avait pas d’hôtel et à Paris pour avoir l’impression « d’habiter la ville ».

« Cette nouvelle économie-là existe et dans son but initial, c’est intéressant, mais il est temps de l’encadrer », affirme la candidate d’Équipe Labeaume. Elle propose de mettre des balises comme un certain nombre de jours autorisés. « Si c’est fait pour faire du commerce, c’est là qu’un quartier peut se dévitaliser ou que les résidents peuvent perdre des loyers. »

Mais pour autant, Maud Rusk reconnaît l’utilité d’Airbnb et la demande des utilisateurs qui souhaitent être hébergés comme à la maison, ce qu’un hôtel ne peut offrir. « Il doit avoir une mixité », souligne-t-elle.

Certaines études disent aussi qu’un utilisateur d’Airbnb va être dans la localité plus longtemps et va dépenser plus. Est-ce que ça, c’est aussi intéressant pour une économie locale ? » s’interroge la candidate.

Le transport en commun

Pour Maud Rusk, le futur mode de transport structurant doit donner avant tout accès à la Haute-Ville facilement. Est-ce qu’il doit passer par là ? « C’est un dossier complexe, pour l’instant je n’ai pas vraiment envie de me prononcer, je vais laisser les experts donner leur avis. », mentionne Maud Rusk. « Mais on est rendu là et il faut le considérer fortement », conclut-elle.