<em>Mitchell-Riopelle</em>, une exposition à la démesure du couple au MNBAQ | 12 octobre 2017 | Article par Marine Lobrieau

Michel Martin, commissaire de « Mitchell/Riopelle »
Jean-Paul Riopelle, « Landing », 1958. Huile sur toile, 200 × 375 cm. Musée d’art contemporain de Montréal. Achat (A 68 56 P 1)
© Succession Jean-Paul Riopelle / SODRAC (2017)

Crédit photo: MNBAQ

Mitchell-Riopelle, une exposition à la démesure du couple au MNBAQ

Le Musée National des Beaux-Arts de Québec (MNBAQ) a présenté, mercredi, son exposition Mitchell|Riopelle. Un couple dans la démesure. C’est à travers une soixantaine d’œuvres, réunies pour la première fois sous une même exposition, que le spectateur est invité à comprendre et ressentir l’histoire d’amour passionnelle de ce couple mythique. L’exposition se déroule du 12 octobre au 7 janvier 2018 au Pavillon Pierre Lassonde.

Le parcours est centré sur sept thèmes et réunit les œuvres de Jean-Paul Riopelle et Joan Mitchell au sein de quatre salles temporaires. Allant de la rencontre du couple en 1955 à sa séparation et au décès de Joan Mitchell en 1992, les thèmes invitent le spectateur à entrer dans une histoire passionnelle et créatrice dont les tableaux en sont les témoins privilégiés.

Les deux artistes Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle s’inscrivent dans le courant expressionniste, leurs peintures sont, elles, abstraites. La réunion de ces œuvres démontre qu’ils se sont inspirés l’un l’autre et que leurs méthodes de travail ont peu à peu été imprégnées de leur relation sentimentale qui a duré vingt-cinq ans.

Le défi des œuvres colossales

Depuis 2013, l’équipe du MNBAQ a commencé à réfléchir à cette exposition inédite et spectaculaire. En effet, les œuvres magistrales des artistes ne pouvaient être exposées qu’au sein du Pavillon Pierre Lassonde, seul bâtiment du MNBAQ à disposer d’une large surface. « Il eut été impossible de faire un tel projet dans nos salles historiques, nous avions besoin de ces très grandes salles », atteste Line Ouellet, la conservatrice en chef du MNBAQ.

Trente-deux collectionneurs de trois pays ont consenti à prêter ces œuvres colossales. Les tableaux immenses témoignent de la démesure de ce couple et signent la première exposition significative des œuvres de Joan Mitchell au Canada. Cette démesure n’est pas sans rappeler l’exposition Hommage à Rosa Luxembourg, un gigantesque triptyque réalisé par Jean-Paul Riopelle qui réunit trente tableaux.

Le commissaire en charge de l’exposition, Michel Martin, a réussi à croiser les œuvres des deux artistes pour en souligner la majesté et la grandeur qui a été nourrie par leur vie commune et surtout  « leur influence » mutuelle.

Pour moi, c’est très parlant, car je les ai tous les deux très bien connus, j’ai même vécu avec eux très longtemps. Cette exposition, c’est une nouvelle rencontre sous l’angle de leur oeuvre mutuelle », souligne Yseult Riopelle, la fille du peintre.

L’expérience en 3D au service de l’exposition

C’est au sein de l’espace médiation Hydro-Québec que l’équipe a intégré une expérience interactive inédite intitulée Peindre le geste. Au moyen d’un dispositif interactif, le visiteur aura la possibilité de créer un tableau connecté grâce à une palette de dix couleurs avec un pinceau, un couteau et une spatule, les instruments fétiches du couple.

Les traits réalisés sur la surface sont projetés sur un mur. Il sera par la suite possible de conserver son oeuvre en la récupérant grâce à un envoi courriel ou à un partage sur la plateforme Facebook. « Il y a deux procédés parallèles, un procédé de détection de couleurs et une détection du pinceau ou de la spatule pour faire les textures. C’est la firme SAGA à Québec qui a réalisé cela, c’est une idée originale qui a été développée au musée », souligne Anne-Josée Lacombe, la responsable de la médiation numérique du musée.

Cette exposition inédite a également donné naissance à un recueil, Mitchell Riopelle, permettant au public de comprendre l’interaction artistique entre le couple à travers des commentaires de spécialistes de l’art contemporain.