Ouragan Irma : « Une expérience traumatisante » | 11 septembre 2017 | Article par Céline Fabriès

L’hôtel Pullman à Cayo Coco avant le passage de l’ouragan Irma

Crédit photo: Mélissa Guillemette

Ouragan Irma : « Une expérience traumatisante »

Arrivés à Cayo Coco, le samedi 2 septembre, pour une semaine, Mélissa Guillemette et Mathieu Dorion ont vu leurs vacances tourner au cauchemar avec l’arrivée imminente de l’ouragan Irma. Les Québécois se sont senti « abandonnés » par la compagnie Sunwing et ont pris un avion jeudi avec Air Canada en payant 1 800 $ de leur poche pour quitter Cuba en catastrophe. Quelques jours après leur retour au pays, le traumatisme est toujours très présent.

Rencontrée, lundi midi, au Salon de coiffure Michel Bilodeau, où elle travaille, Mélissa Guillemette est encore sous le choc et a du mal à comprendre pourquoi la compagnie Sunwing n’a pas envoyé des avions les chercher dès que l’ouragan a été annoncé.

Avertis, mardi, par leurs familles de l’arrivée de l’ouragan Irma sur Cuba, Mélissa Guillemette et son conjoint n’étaient pas au courant sur place d’une alerte pour Cayo Coco. C’est le mardi soir, en sortant du restaurant, qu’ils ont vu des employés barricader les fenêtres. À partir de là, ils ont commencé à avoir peur et ont cherché à obtenir des réponses auprès de la compagnie Sunwing.

« Mercredi après-midi, l’hôtel a fait une rencontre de sécurité pour nous dire quoi faire en cas d’ouragan. Quand on a vu que ça commençait à empirer et qu’ils barricadaient l’hôtel, on a cherché notre représentant [Sunwing]. On ne l’a pas trouvé de la journée », relate Mélissa Guillemette.

Alors que toutes les compagnies aériennes s’organisent pour rapatrier leurs clients, silence radio du côté de Sunwing. Mélissa Guillemette et Mathieu Dorion apprennent par des amis venus cogner à leur porte, mercredi à 23 h, la présence à l’hôtel du représentant de Sunwing et d’une rencontre en cours. Rencontre à laquelle, ils n’auraient jamais assisté si leurs amis ne les avaient pas prévenus.

« C’est là qu’on a appris qu’ils nous envoyaient [jeudi après-midi] à Varadero, un trajet d’autobus qui varie entre 8 h et 9 h », raconte Mélissa Guillemette. Par la suite, Sunwing avait prévu de les loger dans un hôtel. « S’ils n’étaient pas capables de nous faire décoller vendredi, ils nous transféraient à La Havane », poursuit-elle.

Vu la situation et sans savoir à quel moment ils pourraient quitter Cuba et être en sécurité, les deux Québécois comme plusieurs de leurs compatriotes ont pris la décision de payer des billets d’avion avec une autre compagnie aérienne.

Tout le monde paniquait, il y avait des cris et des pleurs dans tout l’hôtel. Quand mon chum a demandé au gars de Sunwing s’il nous garantissait un vol de Varadero vendredi, celui-ci a répondu, qu’il ne pouvait pas le garantir.

Ils s’aperçoivent alors qu’ils peuvent acheter des billets sur un vol de secours d’Air Canada. Après avoir demandé des explications au représentant de Sunwing, Mélissa Guillemette et son chum prennent la décision à 2 h du matin de quitter Cayo Coco par leurs propres moyens et déboursent 1 800 $ avec Air Canada.

Après 48 h sans dormir et une attente de plus 8 h à l’aéroport de Cayo Coco jeudi, Mélissa Guillemette et Mathieu Dorion sont arrivés à Montréal sains et saufs peu de temps avant le passage de l’ouragan Irma sur Cuba.

Depuis, Mélissa Guillemette et Mathieu Dorion ont du mal à trouver le sommeil, traumatisés par l’expérience. Ils attendent maintenant des nouvelles de leur agence de voyage et d’un éventuel recours collectif pour être dédommagés par Sunwing.