Vélo-voiture : distance obligatoire d’un mètre en ville | 16 mai 2017 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo : Céline Fabriès

Vélo-voiture : distance obligatoire d’un mètre en ville

Bien qu’en baisse de 15 % comparativement à 2015, le nombre de cyclistes blessés gravement au Québec en 2016 par un accident de la route se chiffre à 96 dont huit décès. Malgré le changement de la loi pour protéger les cyclistes face à une voiture avec une distance d’un mètre en zone urbaine et 1,5 mètre dans les zones de plus de 50 km/h, le travail reste à faire pour changer les mentalités.

Dépasser un cycliste, c’est monnaie courante. Exécuter la manœuvre dans les règles de l’art, c’est moins évident. On retrouve quelques panneaux pour signaler la règle du 1,5 mètre à l’extérieur du centre-ville, mais les panneaux rappelant la distance d’un mètre sont absents en milieu urbain malgré l’achalandage cycliste sur des artères comme le chemin Sainte-Foy, Grande-Allée et René-Lévesque.Étienne Grandmont, directeur général et porte-parole d’Accès transports viables, souhaite l’apparition de panneaux rappelant la règle du un mètre le long des routes de la Ville de Québec. « Nous avons analysé l’état du cyclisme à Québec, et il faut des panneaux pour prévenir des accidents ».En plus des panneaux, le directeur d’Accès transports viables espère que la Ville de Québec va multiplier les bandes cyclables sur des trajets maison-travail comme sur Grande Allée. « C’est dans les projets de la Ville de continuer ce projet  entre les Plaines d’Abraham et l’avenue Holland avec le PPU Belvédère, mais pour l’instant, c’est suspendu ». Étienne Grandmont pense également qu’une réduction de la largeur des voies forcerait les automobilistes à rouler plus doucement. « Grande-Allée, ce n’est pas l’autoroute 20. »

Sécurité ou rapidité : un choix, vraiment ?

Interrogés, les cyclistes avouent se sentir vulnérables lorsqu’ils circulent sur les routes du secteur de la Haute-Ville. « On est comme des motocyclettes, on n’est pas protégés du tout », déclare un résident du quartier Saint-Sacrement qui pédale fréquemment le long du chemin Sainte-Foy et de la rue Saint-Jean pour aller travailler. Absence de bande cyclable, interdiction de circuler sur le trottoir, nids-de-poule et voitures roulant bien au-dessus de la limite de 50 km/h n’ont rien de rassurant.C’est sans compter les klaxons, les insultes et les portières ouvertes sur le bord de ces routes. Souvent, l’automobiliste ne regardera pas derrière son véhicule pour vérifier l’arrivée d’un cycliste. Les mises en garde visuelles sont absentes de la Haute-Ville.Reste le couloir Père Marquette pour se déplacer d’une manière sécuritaire en Haute-Ville, mais cette option demeure moins populaire que les artères principales, car elle oblige les cyclistes à quelques détours. Pourtant, d’après une brigadière travaillant du quartier, c’est le choix nécessaire pour assurer sa sécurité. Sur l’avenue Père Marquette, même les enfants circulent à vélo pour aller à l’école, et les automobilistes sont beaucoup moins rapides.

Le Tour du Silence

Créé par Chris Phelan au Texas pour honorer la mémoire d’un ami cycliste décédé, le Tour du silence s’élancera de l’Université Laval pour la huitième année à Québec. L’objectif de ce tour est de commémorer les victimes des collisions, sensibiliser la population à la vulnérabilité des cyclistes et souligner l’importance du partage de la route.Cette année, le Tour du Silence longera le boulevard René-Lévesque, le boulevard Honoré Mercier et la Grande-Allée/Boulevard Laurier, pour un total de quinze kilomètres parcourus dans un silence respectueux.Ouvert à tous, le Tour du Silence est gratuit, et ne nécessite aucune inscription. Seuls prérequis : un vélo et un casque. Le départ aura lieu mercredi 17 mai à 18h30, à l’Université Laval, dans le stationnement #16, en face du Pavillon Louis-Jacques Casault.Avec la collaboration de Jacynthe Clément