<em>Angle mort</em> – Face au Sublime | 21 février 2018 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: Anne-Josée Cameron

Angle mort – Face au Sublime

Performance artistique, poésie du corps, objet théâtral, Angle mort, en ce moment au théâtre Premier Acte, ne se laisse pas facilement saisir par l’intellect. Il faut aller au-delà, et se laisser toucher par la beauté.

Production du Théâtre pour pas être tout seul, collaboration entre cinq artistes – les danseurs Harold Rhéaume (fondateur de la compagnie Le fils d’Adrien danse) et Lydia Wagerer, l’auteure Elizabeth Baril-Lessard, et les comédiens Vincent Nolin-Bouchard et Vincent Roy –, l’œuvre offre d’émouvants tableaux qui se passent tout à fait de mots. À l’instar du corps, la voix (par le chant, le sifflement, le chuchotement) y est en effet un instrument mis au service de l’art.

Tentative d’interprétation

C’est une évidence : il y a potentiellement autant d’interprétations possibles de l’œuvre qu’il y aura de spectateurs. Humblement, tentons-en une.

On pourrait donc y voir l’incomplétude fondamentale de l’être humain, dépouillé et vulnérable, à qui il est nécessaire d’entrer en rapport avec autrui pour se réaliser – qu’il s’agisse de rapports filiaux, ou amoureux ou autre. Tantôt on accepte de s’abandonner, tantôt on repousse son semblable; les relations sont tantôt harmonieuses, tantôt troubles.

L’on pourrait aussi lire dans certains tableaux l’aspiration vers un Absolu, ou bien le rapport avec le Sublime : comme l’insecte attiré par la flamme qui, fatalement, ne peut que le consumer.

Recevoir, méditer

De la même façon, les arts visuels, la danse, etc., souvent réputés moins accessibles, fascinent mais peuvent tendre à rebuter celui qui craint ne pas être en mesure de les comprendre. En décloisonnant ainsi les disciplines, en s’amenant au théâtre, l’objet artistique qu’est cette pièce tend la main vers le spectateur, l’invite à s’ouvrir à d’autres formes d’art scénique.

Angle mort est présenté à Premier Acte jusqu’au samedi 24 février.