<em>Extras et ordinaires</em> – Émotion contagieuse | 11 avril 2018 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: Cath Langlois

Extras et ordinaires – Émotion contagieuse

La crème glacée. La couleur jaune. Les gens qui tombent. Jonathan avait sept ans lorsqu’il a commencé sa liste : mille choses merveilleuses qui donnent le goût de vivre. Entamée avec l’espoir naïf de l’enfant qui voulait redonner le sourire à sa mère, la liste a grandi avec notre protagoniste, pour se déployer plus tard et lui servir de parachute.

Sans détour, mais avec adresse, Extras et ordinaires parle de suicide. L’accent est mis sur les répercussions du geste sur les proches, la colère et l’incompréhension ressenties. Sont dénoncés au passage le traitement médiatique du sujet de même que le romantisme ou la glorification à la Souffrances du jeune Werther (ou, plus actuel, à la 13 Reasons Why).

Droit au but, droit au cœur

On pourrait écrire « ode aux petits bonheurs simples », « célébration de la vie », « toute une gamme d’émotions » ou autres clichés usés à la corde. Ça ne suffirait pas. Et l’on pourrait tenter de résumer l’expérience par les mots « spectacle participatif », mais ça aussi, ce serait insuffisant.

Jonathan Gagnon entre dans l’arène et entraîne, littéralement, les spectateurs dans l’histoire. De petits rires nerveux contaminent alors la salle, faisant contrepoids aux quelques larmes qui montent aux yeux, par moments.

On y croit

Il ne s’agit pas de se plonger dans une fiction pour s’y perdre, non – tout concourt à rappeler au public qu’il existe, ici et maintenant, et assiste (et participe) à un spectacle de théâtre –, mais on oublie aussitôt qu’il s’agit d’un texte de l’anglais Duncan MacMillan traduit par Joëlle Bond. Que Jonathan Gagnon ait pu avoir un chien nommé Jean Chréchien, qu’il ait lui-même vécu ce qu’il raconte, on y croit. C’est dire que l’adaptation comme l’interprétation du texte sont excellentes, et que toute la mécanique (disposition, mise en scène, éclairages, musique…) est bien réglée.

Extras et ordinaires est présentée à Premier Acte jusqu’au 28 avril.

Joindre le Centre de prévention du suicide de Québec : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)