Fédérales 2019 : un premier débat donne le ton dans la circonscription de Québec | 27 septembre 2019 | Article par Suzie Genest

L’équipe organisatrice du Bureau d’action et d’information politique du Cégep Garneau entourant les cinq candidats de la circonscription de Québec.

Crédit photo: Bureau d'action et d'information politique du Cégep Garneau

Fédérales 2019 : un premier débat donne le ton dans la circonscription de Québec

Le Bureau d’action et d’information politique du Cégep Garneau recevait mercredi les candidats aux élections fédérales dans la circonscription de Québec pour un premier débat multithématique, où l’environnement a dominé.

Plus d’une centaines de personnes, étudiants et citoyens locaux, étaient rassemblées à l’auditorium du collège du quartier Saint-Sacrement. Louis Joli-Coeur du Parti Vert pour Québec, retenu par un autre engagement, était remplacé par le candidat de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles.

C’est donc Jean-Yves Duclos du Parti libéral du Canada (PLC), Bianca Boutin du Parti conservateur du Canada (PCC), Christiane Gagnon du Bloc Québécois (BQ), Tommy Bureau du Nouveau parti démocratique du Canada (NPD) et Samuel Moisan-Domm du Parti Vert du Canada (PVC) qui ont débattu, après une brève présentation de leur parcours.

Monmontcalm, Monsaintroch et Monsaintsauveur publieront ces prochaines semaines les portraits des candidats. Si le Libéral Jean-Yves Duclos (depuis 2015) et Christiane Gagnon (de 1993 à 2011 avec le Bloc Québécois) ont déjà été élus députés de Québec, c’est une première campagne pour Bianca Boutin et Tommy Bureau, qui ont fait preuve d’un bel aplomb, particulièrement Bureau. Samuel Moisan-Domm s’était présenté une première fois pour les Verts à 18 ans.

Martin J. Arseneault, assisté de deux modérateurs, s’est acquitté avec une candide aisance de l’animation au fil des segments abordant environnement, économie et culture, rôle du gouvernement fédéral et services.

Environnement et économie : des indissociables

Le premier bloc consacré à l’environnement a donné le ton de la soirée. Bianca Boutin a cité les trois points du programme environnemental conservateur. Mettant ce programme en doute, Jean-Yves Duclos, pour illustrer les engagements de son parti, a souligné l’investissement dans le projet de transport structurant de la ville de Québec. Christiane Gagnon a pointé du doigt l’attitude du Port de Québec, Trans Mountain, Énergie Est, le pétrole albertain, dont « les Québécois ne veulent pas », allait-elle marteler plus d’une fois.

Samuel Moisan-Domm a fait valoir les cibles des Verts, reprochant au Bloquistes, aux Libéraux et aux Conservateurs d’en manquer. Tommy Bureau a insisté, pour l’atteinte des cibles, sur la nécessité d’opérer un virage vers une économie de transition, assorti de mesures d’« empathie » pour les travailleurs touchés, afin de favoriser la formation et la reconversion vers des emplois plus carboneutres. À plus d’une reprises, Jean-Yves Duclos a approuvé les propos du candidat du NPD. Présentant le Bloc comme un parti de « Verts québécois », Christiane Gagnon a confondu momentanément les partis de Bureau et de Moisan-Domm, avant de gagner de l’aplomb au fil du débat.

Chaque candidat a souligné la possibilité voire la nécessité d’arrimer économie et environnement. Chacun a aussi évoqué la taxation et l’imposition des géants du web, l’importance de soutenir les médias en crise et de préserver le journalisme indépendant.

Signes distinctifs

Les interventions sur la culture ont amené dans le débat les francophones hors-Canada et le caractère distinctif du Québec, que le Vert et le Néo-démocrate ont reconnu. Duclos, Boutin et Gagnon ont comparé les feuilles de route de leurs partis pour s’attribuer les progrès en matière d’équilibre budgétaire comme de lutte à la pauvreté et aux inégalités. Bureau s’est désolé que cette rivalité l’emporte sur la lutte aux changements climatiques. On « change les meubles de place sur un bateau en train de couler », a-t-il illustré, faisant valoir, à l’instar de Moisan, qu’une économie de transition mènerait à une réduction de la pauvreté.

Les échanges sur le rôle du gouvernement fédéral et ses services se sont dirigés vers les peuples des Premières Nations et leurs défis. La candidate du Bloc a déploré à cet égard un manque d’investissements des Libéraux, dont le candidat a vanté l’approche « réconciliation et affirmation » depuis 2015. Pour le Néo-démocrate, c’était l’occasion de rappeler la place de l’empreinte écologique et sociale dans la notion de création de richesse, écorchant au passage les Conservateurs. Interpellée, Bianca Boutin a confié avoir été une enfant de la DPJ, et être par conséquemment déterminée à « se battre jusqu’au bout » pour les services sociaux. Si Bureau n’a pas mis en doute sa sincérité, il a questionné son choix de parti.

Un prochain débat, axé spécifiquement sur l’environnement, aura lieu au Cégep Garneau le 3 octobre.