Montcalm dans les années 1940 : une tempête majeure de pluie verglaçante | 22 mars 2020 | Article par Jean Cazes

L’avenue Moncton, le 27 mars 1948, un jour de verglas.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Montcalm dans les années 1940 : une tempête majeure de pluie verglaçante

Tirée des archives de la Ville de Québec, cette photo d’époque date du samedi, 27 mars 1948. Elle offre une vue en direction sud sur la chaussée et les arbres verglacés de l’avenue Moncton, près de l’intersection du chemin Sainte-Foy.

La scène comparative dans la galerie au bas de l’article, prise en direction sud, date du 6 mars 2020. Nous avons ajouté à celle-ci une autre photo d’archive immortalisée sur l’avenue de Lévis, toujours dans le quartier Montcalm.

« Les tramways en circulation sont restés en pannes »

Occultée de la mémoire collective par la crise du verglas de 1998, la tempête de pluie verglaçante du 27 mars 1948 n’épargnant pas la capitale cette fois, est tout de même considérée comme l’une des pires à s’abattre sur le Québec, au siècle passé.

Causant entre autres « le bris de plus de 800 poteaux de lignes électriques entre Québec et Montréal » (source : GrandQuébec.com). Cette tempête avait aussi gravement affecté la réseau électrique de la capitale, et en conséquence, son tramway dont le démantèlement, faut-il le rappeler, avait depuis longtemps été planifié pour le printemps.

Sous le titre « Le vent et le verglas causent d’immenses dégâts », le journal Le Soleil du 29 mars 1948 consacre plusieurs colonnes à cette tempête dévastatrice. En voici quelques extraits :

« Les services d’électricité et de téléphone sont interrompus — Arrêt du tramway que l’autobus remplace dans toute la ville — Dommages sérieux subis par le Quebec Power.

Dans la tempête de verglas, de grésil et de vent qui s’est abattue sur Québec et la région en fin de semaine, la cité a été privée de ses deux principales sources d’alimentation de pouvoir électrique. Le réseau principal, celui conduisant à la centrale de la rue de la Reine, s’est rompu sur les tours construites de chaque côté de la rivière Saint-Charles [nécessitant la construction d’une ligne d’urgence de transmission électrique, comme l’illustre la photo].

Samedi matin, toutes les rues de la ville et toutes les principales routes étaient devenues de véritables miroirs. On ne pouvait circuler qu’à grand risque. […] La ville et le Quebec Power avaient étendu du mâchefer, du sable et du sel [sur les principales artères]. […]

Vers 1 heure 30 samedi après-midi, le courant a subitement cessé dans toute la ville, à l’exception du nord du quartier Limoilou et dans la partie ouest des quartiers Montcalm et St-Sauveur. Par le fait même, les tramways en circulation sont restés en pannes. […] Dans les magasins où les foules s’entassaient malgré une température maussade, il fallait avoir recours aux moyens primitifs pour s’éclairer. […] Les compagnies de pouvoir électrique, de téléphone et de télégraphes sont celles qui ont eu le plus à souffrir de la tempête de la fin de semaine. […]

26 TRAMS EN PANNE

Par suite de l’interruption du courant […], à la centrale de St-Roch, tous les tramways en circulation sur les circuits de la basse-ville restèrent en panne. Tous furent alors remisés aux hangars de St-Malo. […] Hier après-midi, la compagnie tenta de mettre quelques tramways en circulation, mais ce fut peine inutile. Le courant était loin d’être suffisant. Les tramways ne pouvaient même pas monter la côte de la Couronne. […]

Presque toute la région de Québec a souffert de la tempête par suite de plusieurs bris des réseaux téléphoniques. Les fils recouverts d’environ 1 3/4 pouce de glace n’ont pu résister sous la poussée d’un fort vent de l’ouest. »

Un autre verglas dévastateur 25 ans plus tard…

La tempête de pluie verglaçante de 1948 fut vraisemblablement la pire survenue dans la capitale jusqu’à celle des Fêtes de 1973. Cet article du Journal Le Devoir en résume les conséquences :

« […] C’est la région de Québec qui y goûte alors que l’effet combiné du verglas, du froid et de la neige cause de nombreuses pannes d’électricité. À Sainte-Foy, quelque 40 000 abonnés sont privés d’électricité et d’eau à deux jours de Noël, la tempête ayant perturbé le fonctionnement de l’usine de filtration de cette municipalité. Ceux qui restent chez eux sans électricité font du camping dans leur propre maison à la lueur des chandelles en buvant du « gros gin des Fêtes », rapporte un journal de l’époque. […] »

En complément, à cette autre tempête, les données météorologiques à l’aéroport de Québec pour le 21 décembre 1973 indiquent une journée sous la pluie verglaçante.

Article précédent illustrant la décennie 1940 : Montcalm dans les années 1940 : avenue De Salaberry.