Montcalm dans les années 1970 : les Jardins Mérici | 4 octobre 2020 | Article par Jean Cazes

Construction des premiers blocs des Jardins Mérici en 1973.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Montcalm dans les années 1970 : les Jardins Mérici

La série « Montcalm dans les années 1970 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives de diverses sources.

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Provenant des Archives de la Ville de Québec et tirée d’une diapositive, la photo d’époque en tête d’article date de 1973. Elle illustre l’érection d’immeubles des Jardins Mérici.

La scène comparative dans la galerie en fin d’article, en direction sud, date du 27 septembre 2020. Nous y avons ajouté une deuxième photo de ces premières constructions, de même que plusieurs autres prises lors de notre visite sur les lieux.

Des immeubles étalés en gradins

Avec ses quelque 1300 logements et condominiums, Les Jardins Mérici forment aujourd’hui le plus important ensemble résidentiel de la haute-ville de Québec.

Lancée en 1972 sur un vaste terrain situé au sud de Grande-Allée Ouest, cette réalisation des architectes Gauthier, Guité et Roy a été désignée « bâtiment patrimonial » par la Ville de Québec qui en fait cette description :

« Les blocs 1 à 8 constituent la phase initiale du projet. […] Il a été construit en quatre phases entre 1972 et 1988 […]. La composition uniforme des bâtiments, en larges bandes horizontales, est harmonieuse et épouse bien le relief du sol car l’implantation des immeubles est étalée en gradins au sommet de la falaise. Les bâtiments construits dans la première phase de 1972-1973 (blocs 1 à 8) sont reconnaissables à leurs garde-corps continus, perforés et vitrés vis-à-vis les portes des balcons. Ces édifices sont aussi plus étroits et moins élevés. Les blocs 9 et 10 [le plus haut des blocs avec 19 étages], érigés vers 1980, marquent la nouvelle génération d’immeubles au design simplifié et à l’échelle que certains considèrent démesurée. Les volumes des blocs 20 (1984), 16 et 18 (1988), beaucoup plus bas, sont construits dans la continuité de la phase initiale du projet (blocs 1 à 4).  »

De facture plus contemporaine, les deux dernières phases des Jardins Mérici ont été érigées au début du millénaire (non dessinées sur le croquis).

Localisation des blocs 1 à 18.
Crédit photo: Gauthier, Guité et Roy architectes

« Les architectes de la Révolution tranquille »

Dans son livre La mémoire du paysage (Les Presses de l’Université Laval, 2001, 286 p.), Lucie K. Morisset mentionne qu’au début de la construction des premières phases, la firme Gauthier, Guité et Roy projetait à terme 2500 logements. Ces immeubles au revêtement de béton reflètent une mode architecturale des années 1970 dite « brutaliste », à l’exemple des HLM Place Bardy, dans Limoilou.

Sous le vocable « Architectes de la Révolution tranquille », la BAnQ souligne les réalisations de l’une des plus importantes firmes d’architecture du Québec étroitement associée à l’histoire de l’architecture moderne du Québec.

« Paul Gauthier, Gilles Guité et Jean-Marie Roy se démarquent par la qualité formelle et technique de leurs projets. On ne peut parler d’architecture moderne au Québec sans évoquer les réalisations de ces trois architectes majeurs de la Révolution tranquille. »

Entre autres réalisations dans la capitale, BAnQ Québec (qui possède le fonds d’archives de ces  architectes) mentionne la bibliothèque Gabrielle-Roy dans Saint-Roch, l’édifice Marie-Guyart (Complexe G) et le Pavillon de l’Éducation physique et des Sports (PEPS) de l’Université Laval. La firme a obtenu plusieurs prix et distinctions honorifiques, notamment le Prix d’excellence de l’Ordre des Architectes du Québec pour les Jardins Mérici (1978).

Vous habitez, ou vous avez déjà demeuré aux Jardins Mérici? Vous aimez le style d’architecture de l’ensemble? N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires!

Voir l’article précédent de la série : Saint-Sacrement dans les années 1970 : le Cégep François-Xavier-Garneau.