Élections fédérales 2021 : Bianca Boutin, Parti conservateur du Canada | 6 septembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Bianca Boutin, candidate pour le Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Québec, 2021

Crédit photo: Viktoria Miojevic

Élections fédérales 2021 : Bianca Boutin, Parti conservateur du Canada

Nous avons rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans la circonscription de Québec. Chacun.e a répondu à nos six questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 2 septembre, nous nous sommes assis avec Bianca Boutin, candidate pour le Parti conservateur du Canada (PCC).

Publicité

Née à Québec, Bianca Boutin réside à Duberger, aux côtés de sa famille, qui compte deux enfants. Après une Maîtrise en Journalisme international à l'Université Laval, elle poursuit un parcours gouvernemental. Elle passe par des cabinets politiques et d'autres postes dans la fonction publique, entre autres au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Suivant sa défaite aux élections fédérales, en 2019, elle se représente pour la circonscription de Québec.

Quelles sont les priorités ou valeurs du PCC qui vous ont amenée à joindre ce parti?

« On a un contrat pour les Québécois ou est-ce qu’on peut s’assurer que le Québec a son autonomie et qu’on ne se place pas en tant que paternaliste auprès du Québec. On veut un gouvernement qui va être partenaire. Dans nos priorités pour le Québec, on va donner plus de pouvoir au Québec en immigration, on veut protéger le français, appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale. On veut un rapport d’impôt unique. »

« La gestion des finances publiques, c’est quelque chose qui a toujours été important pour moi. Moi j’ai deux filles, elles ont deux et trois ans. Présentement, on endette nos enfants et nos petits-enfants. Pour moi, c’est inacceptable qu’on soit rendu à 1100 milliards de dette. Je suis consciente que la pandémie a demandé des mesures exceptionnelles, c’est tout à fait correct. Par contre, il faut tendre à l’avenir vers un équilibre budgétaire. Ça, le Parti conservateur, on veut y revenir à l’intérieur de dix ans. »

Pensons aux deux dernières années, quelle conclusion tirez-vous de votre défaite en 2019?

« Cette année, je suis beaucoup plus zen. En 2019, je ne vais pas vous le cacher, je ne dormais pas beaucoup. Mes filles avaient dans ce temps-là six mois et un an et demi. […] Nous, on fait notre travail sur le terrain, je vais cogner aux portes. Hier, j’ai fait du téléphone pendant sept heures de temps. C’est ce que j’ai appris, on continue à être sur le terrain. »

« Je n’ai pas été élue en 2019, mais je ne regrette pas le travail que j’ai fait. J’ai cogné à 18 000 portes en 2019, puis ça m’a permis de rencontrer beaucoup de gens, d’en apprendre beaucoup sur leurs préoccupations [...] et je suis contente de partir de cette expérience de 2019. »

Qu’est-ce qui viendrait jouer en votre faveur, pour ces élections en 2021?

« Le contrat avec les Québécois qu’Érin O’Toole a proposé. […] On a beaucoup de patrimoine qui a besoin de restauration, d’investissement. Cette enveloppe-là de 75 millions qu'on propose, elle est très importante pour la circonscription. »

« […] On a un chef pro-choix, pro mariage gay, pro LGBT, on a un chef qui est né à Montréal, qui parle bien français, qui vit en Ontario, qui rejoint les valeurs des Québécois. »

Qu’est-ce qui vous lie à Québec?

« Je suis née à Québec [...] à l’hôpital de Vanier Christ-Roy. J’ai eu mon premier appartement à Duberger. Dans mon enfance, j’étais dans la ville de Québec, j’ai habité à Val-Belair, à Sainte-Foy, mais adolescente j’ai eu mon appartement à Duberger et j’ai pas quitté la circonscription. J’habite à Duberger, j’y fais du karaté, mon épicerie est ici.

Je travaille dans la circonscription sur le boulevard Hamel, donc c’est vraiment mon milieu. J’ai travaillé dans la fonction publique donc j’ai travaillé beaucoup sur la Colline parlementaire, au ministère de la Santé. J’ai toujours navigué dans la circonscription, ou pour mon emploi ou pour y habiter. »

Qu’est-ce qui distingue la circonscription, sa population, ses besoins?

« On a beaucoup d’employés qui travaillent dans la fonction publique. C’est des gens qui s’intéressent particulièrement à la politique. Sinon, Québec, c’est quand même assez particulier, parce qu’on a une grande diversité socioéconomique. On a des quartiers un peu plus démunis avec un besoin d’organismes communautaires. Puis on a des quartiers avec un revenu moyen un peu plus élevé […].

Si on se déplace à Vanier, on a un peu plus de logement social. On a une grande disparité socioéconomique. C’est bien, parce que ça crée une grande mixité sociale. »

Voici des enjeux qui intéressent particulièrement les lecteurs de nos quartiers. Pour chacun, quel est selon vous le plus grand défi? À quoi vous engagez-vous?

Logement

« Nous, on s’est engagés à libérer 15 % des édifices fédéraux pour créer du logement. Actuellement, le gouvernement du Canada est propriétaire de 37 000 bâtiments, donc c’est un immense propriétaire foncier.

Puis, en ville, j’ai rencontré le Comité des citoyens du Vieux-Québec, qui me disent : "On a deux bâtiments ici qui appartenaient à la défense nationale, c’est des militaires qui restaient là puis ils vont le mettre en vente." […] Moi, j’ai fait d’une pierre deux coups. L’un de nos engagements, c’est de libérer des bâtiments puis en faire des logements. »

« Je sais que les grandes familles, c’est plus difficile à se loger, quand on a quatre enfants. […] Souvent, c’est du 4 ½ qu’on trouve à Québec et souvent, ça prend du 6,7 ½. [...] Ce serait à discuter avec la communauté, [afin] de savoir : est-ce qu’on a besoin de logements avec plus de chambres ou de lofts pour des personnes seules? Quel besoin est criant dans quel quartier? »

Transport

« Dans nos engagements, on veut prendre les mêmes engagements que la Colombie-Britannique. On veut que d’ici 2030, 30 % des véhicules légers, neufs vendus, soient des véhicules électriques. Ça contribuerait à la qualité de vie, la qualité de l’air. […] Mon conjoint et moi, les deux on a des voitures à essence et j’espère que les prochaines seront électriques. Sincèrement, c’est pour montrer aux enfants qu’on fait la transition, on change. »

« Nous, on appuie tout à fait le troisième lien. On s’engage également à en défrayer 40 %, parce qu’on croit que c’est important de relier les deux centres-villes, pour que les gens de Québec aillent travailler à Lévis et que les gens de Lévis puisse travailler à Québec. On ne se le cachera pas : les gens le font déjà. Alors pour améliorer la qualité de vie, la fluidité, pour ne pas faire de gros détours, pour le transport en commun... Si on met plein de stationnement incitatif des deux côtés, les gens vont pouvoir prendre l’autobus.

« Il y a beaucoup de gens comme moi, on est en voiture [...], on a des enfants à aller chercher à la garderie. Donc des fois c’est pas tout le monde qui peut être en autobus, donc un troisième lien viendrait faciliter la vie de ces gens-là. »

Environnement et verdissement

« On veut investir trois milliards dans les solutions climatiques naturelles. On parle de gestion des forêts, des milieux humides. Québec, c’est quand même assez urbain. Mais on veut vraiment s’attaquer à ça, car le réchauffement climatique, c’est une réalité.

On veut aussi investir cinq milliards pour développer des stratégies de captation et de séquestration du carbone. C’est important. Est-ce qu’on peut le récupérer? Est-ce qu’on peut le transformer? On veut travailler sur la technologie. »

Rareté de main-d'œuvre et relance économique

« Nous, on veut donner plus de pouvoir au Québec en matière d’immigration, pour combler les besoins en main-d’œuvre. Aussi, idéalement, on veut des immigrants qui parlent français pour protéger le français au Québec. Par exemple, on veut payer jusqu’à 50 % du salaire des nouveaux employés d’une entreprise pour la relance, pour donner un coup de main aux PME qui disent "faut que j’embauche". Et là, payer 50 %, ça peut donner un break pour se poser ou se relancer. »

« On veut aussi offrir un congé de TPS pendant le mois de décembre, pour tout le monde, donc les commerces locaux. C’est un cadeau pour les consommateurs, mais ça va aller stimuler l’économie. On va offrir des prêts jusqu’à 200 000 $ pour les PME, qu’ils puissent se réorienter, se placer […]. Ça pas été une année facile pour les entreprises. »

Cet argent là, vous iriez le chercher où pour offrir 50 % des salaires sous certaines conditions?

« Tout ça, c’est en lien avec le rééquilibrage du budget. Ça a été calculé, on a un 70 milliards de stabilisateur économique. [...] Quand ils vont revenir travailler, les gens vont payer des taxes, ils vont payer de l’impôt, ils vont consommer. Il y a 250 milliards d’aide d’urgence qui ne sera plus, la PCRU. C’est tout ça, quand les gens vont se remettre au travail et qu’on n'aura plus les mesures d’urgence à payer, ça va rééquilibrer le budget. »

Itinérance et cohabitation avec les citoyens

« Dans nos engagements, on veut investir 325 millions sur trois ans pour créer des nouvelles places de traitement contre la toxicomanie. On a un plan pour la santé mentale, on veut créer une ligne nationale anti-suicide. On souhaite plus de centres communautaires au Canada. Comme Québec, c’est un milieu urbain, très certainement qu’on va en bénéficier du 325 millions sur trois ans. »

Qu'est-ce que les citoyen.ne.s de votre circonscription vous ont appris jusqu’ici?

« Les enjeux de la santé, ça les touche beaucoup. C’est des enjeux qui relèvent de la province, on s’entend, mais il y a des gros montants qui viennent du fédéral. Nous autres, on va augmenter de 6 % les transferts en santé, on parle de 60 milliards de plus […]. Après, Québec va gérer cet argent-là selon les besoins. […] Nous, on croit beaucoup aux champs de compétence. »

« [...] Des fois, on réalise qu’on a la même vie, […] on constate que la vie va vite. C’est pas tout le monde qui a le temps de s’intéresser à la politique, donc c’est ça que je réalise, moi. […] Je les comprends. C’est ça aussi, des fois, qui ramène sur terre : ok, Monsieur, Madame tout-le -monde, ils ont besoin de services, ils ont besoin de soutien financier. »

Qu’est-il important que les gens sachent ou comprennent bien quant au rôle de leur député.e fédéral.e?

« C’est de rapporter les préoccupations des citoyens de la circonscription à Ottawa, quand il y a des projets de loi, des décrets qui sont mis en place. La situation à Québec n’est pas nécessairement la même qu’à Halifax ou en Colombie-Britannique. Ce n’est pas universel les préoccupations […]. Pour nous, c’est super important le rapport d’impôt unique. En tant que député, c’est de notre devoir de dire : "hey, les citoyens ils trouvent ça important le rapport d’impôt unique, faut le mettre en place" ».

« Même si mes collègues députés ailleurs, eux autres, ils ne pensent pas, c’est pas grave, on peut quand même mettre une mesure pour le Québec. C’est comme pour les bâtiments patrimoniaux au Québec : c’est important, il y a en a beaucoup. C’est peut-être l’église Saint-Jean-Baptiste qui va être restaurée grâce à ça. »

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.

Lire aussi : Élections fédérales 2019 : rencontre avec Bianca Boutin (Parti conservateur du Canada)