Gérard Busque, dernier religieux du Saint-Sacrement | 28 décembre 2021 | Article par Véronique Demers

Crédit photo: Véronique Demers

Gérard Busque, dernier religieux du Saint-Sacrement

Au fil des décennies, la communauté de religieux du Saint-Sacrement s’est rétrécie comme une peau de chagrin. Cette fois, le dernier chapitre est en train de s’écrire. Il n’en reste que 12 au Québec. « En fait, je suis le dernier qui exerce un ministère en paroisse; les autres sont à la retraite ou n’ont pas de fonction en paroisse », précise en entrevue Gérard Busque, 76 ans.

Ailleurs dans le monde, il resterait toutefois des centaines de religieux du Saint-Sacrement. « Ils sont répartis dans une trentaine de pays, mais la plupart sont en Afrique et en Asie », souligne Gérard Busque.

Le père Busque est-il nostalgique d’une époque bientôt révolue?

« Selon moi, notre mission de faire connaître l’eucharistie est accomplie. On est arrivés au Canada en 1890. Je ne dis pas qu’on n’a plus notre place, mais la priorité aujourd’hui demeure l’évangélisation et les groupes missionnaires », explique celui qui fut de la première cohorte des diplômés en théologie de l’Université de Montréal, en 1971.

C’est dans les années 1950, durant sa tendre enfance, que le curé Busque a tendu l’oreille aux prédications d’un père du Saint-Sacrement. « Il venait de mon village et prêchait le dimanche. On était en 1956. Mes parents n’avaient pas les moyens de payer mes études, mais avec l’aide de bienfaiteurs, j’ai pu aller au séminaire de Terrebonne », raconte-t-il.

L’année 2021 marquait les 50 ans de ministère du curé Busque. Il a commencé à oeuvrer à Sherbrooke, puis auprès des Franco-Ontariens, de 1984 à 1993, avant de devenir conseiller général de sa congrégation à Rome, de 1993 à 1999.

10 ans dans Saint-Sacrement

C’est en 2008 que Gérard Busque a fait le saut à Québec. Il venait y assumer la tâche de curé dans la paroisse Saint-Sacrement. Lors des fusions, en 2018, la paroisse a été rebaptisée Bienheureuse Dina-Bélanger.

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« L’église (du Très-Saint-Sacrement) est fermée au culte, mais il y a encore de la vie autour. Je fais la messe au Gibraltar et au Samuel-Holland. Il y a une équipe d’animation pastorale dans chacun de ces lieux. Je suis curé associé. Je m’occupe de Saint-Charles-Garnier et Saint-Sacrement. Brice Petitjean est le curé principal, et Alexandre Julien le vicaire », mentionne-t-il.

« Pas de retour possible »

Questionné sur l’incontournable dossier de l’église du Très-Saint-Sacrement, dont le sort reste à déterminer, Gérard Busque juge irréaliste de vouloir sauvegarder le bâtiment en vue d’un projet communautaire ou d’un autre type de projet.

« Il n’y a pas de retour en arrière possible. Ce n’est plus une église; elle a été désacralisée (en septembre 2019). On l’a sécurisée pour 1 million de dollars. La fabrique doit dépenser 100 000 $ par année, juste pour l’entretien. Il faut continuer d’alléger les structures des bâtiments, le Diocèse (de Québec) en est conscient. Il faudrait que le ministère de la Culture s’asseoit avec nous et voie ce qui est possible », indique le curé Busque.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a décidé d’ajouter un sursis d’un an à son avis d’intention de classement pour l’église du Très-Saint-Sacrement. Elle a ainsi reporté sa décision en mai 2022.

En ce qui concerne le terrain, le promoteur Capwood se dit toujours intéressé à y développer un projet résidentiel.

« L’acheteur est toujours intéressé. Il nous appelle aux deux mois, pour vérifier où en est le dossier. On espère juste que la Ville ne nous mettra pas des bâtons dans les roues, car le zonage est à changer. Si le projet résidentiel voit le jour, c’est potentiellement 1 millions de taxes de plus que la ville de Québec pourrait avoir », calcule le curé Gérard Busque.

Capwood a déjà réalisé le QG dans Sainte-Foy (qui inclut District Gourmet), et planche sur le QG du Vieux-Québec, à côté de l’Hôtel-Dieu de Québec.

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