L'art de l'imitation au MNBAQ | 12 mars 2021 | Article par Jason Duval

William Brymner; Horatio Walker, <em>À l'ombre du pommier </em>, 1903. Détrempe sur toile, 102,3 x 74,7 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec (1934.582). Restauration effectuée par le Centre de conservation du Québec. Photo : MNBAQ, Jean-Guy Kérouac// Création de Charlotte Côté

Crédit photo: MNBAQ

L'art de l'imitation au MNBAQ

À compter du samedi 13 mars, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) présente Mimèsis, une exposition pour laquelle les citoyens ont été invités à réinterpréter certaines oeuvres classiques.

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Il y a un an, durant le premier confinement, le MNBAQ a mis les citoyens au défi de devenir eux-mêmes des oeuvres d'art. Conviés à reproduire des oeuvres de la collection nationale, par la photographie, les modèles d'un instant se sont amusés à se mettre en scène dans leur confinement. Avec humour, créativité et amour de l'art, le défi a été accepté par des centaines de personnes.

Un an exactement après le début du confinement, l'exposition Mimèsis est lancée.
Crédit photo: MNBAQ, Idra Labrie

Mimèsis, imitateur

En grecque ancien, le mot mimèsis fait référence aux acteurs, plus précisément aux imitateurs. C'est cet art de l'imitation qu'expose le MNBAQ, à travers plus d'une cinquantaine de clichés qui prennent d'assaut les salles du pavillon Gérard-Morisset. Des hommes coiffés de papier hygiénique imitant la coiffe imposante d'une dame d'un autre siècle : voilà un exemple ce que vous pourrez y voir. Avec cette exposition, le MNBAQ a vu juste. L'imagination et le talent des Québécoises et Québécois sont – une nouvelle fois – mis de l'avant et confirmés.

L'art de reproduire des oeuvres classiques est devenu un véritable hobby pour certains participants. Comme l'explique Héloïse Kermarrec, conseillère en communications numériques au MNBAQ, un couple qui s'est pris de passion pour le projet Mimèsis a envoyé une dizaine d'imitations. Ce sont aussi des familles entières qui se sont prêtées au jeu, occasion idéale pour les plus jeunes de découvrir l'art en s'amusant.

L'idée de reproduire des oeuvres d'art n'est pas unique au Québec; plusieurs musées à travers le monde ont eu le même genre d'initiative. Par contre, le MNBAQ est le premier à exposer les imitations dans ses salles.

Maurice Cullen, Le Port de Montréal,1915. Huile sur toile, 115,3 x 174,2 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec (1934.114). Photo MNBAQ, Patrick Altman// Création Pierre Edmond. Photo : Anna Stadelmann.Des élèves au travail

Dans le cadre du programme L'art dans ma classe, encourageant la créativité en milieu scolaire, le MNBAQ a proposé aux élèves du primaire et du secondaire de recréer certains paysages hivernaux. Au total, plus de 150 oeuvres d'élèves tous les niveaux ont été envoyées au musée.

Dans ce volet de l'exposition, un peu plus d'une dizaine de reproductions de paysages hivernaux sont présentés en salle. C'est un véritable exploit pour les élèves ayant participé à Mimèsis. Ils ont non seulement reproduit des paysages avec leurs techniques artistiques, mais ils ont aussi changé quelques détails, et fait évoluer l'oeuvre d'origine. Peintures, dessins, sculptures et bricolage : aucune technique artistique n'était refusée dans le cadre de cette invitation. Certains élèves ont usé de beaucoup d'imagination afin de se réapproprier les toiles enneigées.

Justine Boulanger, chargée de contenu éducatif numérique, est très fière de la réception et du travail de ces étudiants de tous niveaux. Elle explique, avec beaucoup de bonheur, que pour plusieurs de ces jeunes, qui vivaient des moments difficiles liés au contexte pandémique, le défi du musée a été l'occasion de créer une réussite dans l'année.

Ce succès nous fait espérer que l'expérience Mimèsis sera reproduite dans les prochaines années.

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