<em>Aeria</em> : quand l'art se met au service de l'histoire | 15 juin 2022 | Article par Thomas Verret

Réalisée par Jérôme Trudelle, la nouvelle exposition du Musée des plaines d'Abraham raconte le vécu de huit personnages, dont celui de Marguerite Martin, mère du premier enfant de la colonie.

Crédit photo: Thomas Verret

Aeria : quand l'art se met au service de l'histoire

Le Musée des plaines d'Abraham a dévoilé, mercredi, sa nouvelle exposition, Aeria, une expérience immersive dans l'univers de ce lieu gorgé d'histoire.

Maître de la sculpture suspendue, Jérôme Trudelle y appose sa signature. Huit personnages marquants de l'histoire des plaines sont représentés par des sculptures grandeur nature en suspension dans les airs.

Les histoires de Marguerite Martin, Michel Sarrazin, Montcalm et Wolfe, Petit Étienne, Marie-Josephte Corrivaux dit « La Corriveau », William Marcoux et Géraldine Parent sont racontés.

Un travail de moine

Les œuvres donnent vie à ces hommes et à ces femmes remarquables de manière réaliste. Elles ont été réalisées à l'aide de la photogrammétrie. Cette technique consiste à créer une modélisation tridimensionnelle d'un sujet, en rassemblant des images prises sous différents angles.

Chaque œuvre est constituée d'environ 1 000 morceaux de carton tranchés avec une machine de découpe au laser, puis montés à la main. En moyenne, 55 heures de travail par sculpture ont été nécessaires.

Jérôme Trudelle a collaboré avec LA CHAMBRE BLANCHE, un centre d'artistes du quartier Saint-Roch. Le concepteur a travaillé avec son associé, Émile Prince, et le responsable du laboratoire du centre d'artistes, Carl-Dave Lagotte.

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« Ce qui est intéressant, c’est que le carton fait en sorte que la sculpture est transparente d’un côté. Ça créée un effet holographique », mentionne l’artiste émergent en art contemporain originaire de Boischatel, en banlieue de Québec.

Fidèle à sa marque de commerce, le jeune homme de 27 ans a utilisé la sculpture comme moyen de raconter des histoires.

Sa démarche artistique s'inspire du courant baroque, caractérisé par le goût du mouvement.

« Je crée des sensations de mouvement, comme si le temps s’était immortalisé, à un instant vraiment palpable », explique celui qui est titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l'Université Laval.

Pour mieux comprendre l'histoire des plaines d'Abraham et de leurs personnages, des contenus multimédias agrémentent la visite. Accessibles sur une tablette, ce sont notamment des photos d'archives, des pistes audio et des textes d'époque.

Des ambiances musicales, créées pour chacune des œuvres par le concepteur sonore Josué Beaucage, accompagnent les visiteurs tout au long du parcours.

De plus, des vidéos permettent de comprendre la démarche artistique du sculpteur.

Aeria, un ajout à l'offre muséale

L'exposition Aeria prend place dans l'ancien bureau d'accueil touristique. Elle s'insère parfaitement dans l'offre muséale existante.

En racontant l'histoire des plaines d'Abraham différemment, cette nouveauté fait valoir la mission de la Commission des champs de bataille nationaux.

« L’exposition mise sur une interprétation humaine, pour que les visiteurs puissent connaître les êtres humains derrière les personnages marquants de l’histoire des plaines d’Abraham », affirme la secrétaire-directrice générale, Annie Talbot.

Des personnages à découvrir

Les personnages présentés dans Aeria témoignent de plusieurs facettes de l'histoire des plaines. Ils sont issus de différentes époques, du 17e au 20e siècles.

Des personnages célèbres sont représentés, comme Montcalm et Wolfe. Les généraux qui se sont affrontés, en 1759, lors de la bataille des plaines d'Abraham, constituent le point culminant de l'exposition. On les retrouve dos à dos, fatigués après s'être battus, comme deux êtres partageant des réalités semblables.

Les généraux français et britannique, Louis-Joseph Montcalm et James Wolfe, sont représentés par cette scène.
Crédit photo: Commission des champs de bataille nationaux

Il y a aussi Marie-Josephte Corriveau, « La Corriveau ». Au moment de la Conquête, cette dernière a été condamnée à mort pour meurtre. En 1763, elle a été pendue sur les plaines et a donné vie à la célèbre légende qui porte son nom.

D'autres personnages sont moins connus, comme Marguerite Martin, dont l'époux est à l'origine du nom des plaines. Arrivée en Nouvelle-France vers 1620, elle a mis au monde le premier enfant de la colonie.

C’est le cas aussi de William Marcoux, un agent de la paix qui a résidé dans la tour Martello 4 au tournant du 20e siècle. Lui et sa famille sont les seuls à l’avoir habitée.

Michel Sarazin, un des premiers botanistes canadiens, est également représenté. On retrouve aussi Géraldine Parent, travailleuse à l’Arsenal fédéral, une fabrique de munitions qui employait une main-d’œuvre majoritairement féminine dans des conditions dangereuses. Mentionnons par ailleurs Wendat Petit Étienne, dont le récit constitue le seul témoignage autochtone connu de la bataille des plaines.

« La vision est différente pour chacun des huit personnages », souligne le directeur des affaires muséales, Stéphane Roy.

« Cette façon de mettre en valeur chacune de ces histoires est merveilleuse. Cette approche permet de découvrir un patrimoine historique incroyable. »

Des expositions accessibles

Cette production originale du Musée des plaines d'Abraham est présentée dès jeudi, 16 juin. Elle s’ajoute à l’offre muséale qui comprend les expositions Batailles 1759-1760 et Identités, ainsi que l’exposition estivale Garde-à-vous! à la tour Martello 1.

Jeunes et moins jeunes, féru d'histoire ou pas, y trouveront leur compte.

L’horaire et les tarifs sont disponibles sur le site des plaines d’Abraham : http://lesplainesdabraham.ca

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