<em>L’écrit</em>, ou comment s’ancrer dans la vie | 7 avril 2022 | Article par Anny Bussières

Crédit photo: Mario Villeneuve

L’écrit, ou comment s’ancrer dans la vie

Présentée au Théâtre Périscope jusqu’au 23 avril 2022, la pièce L’écrit est une création d’Agnès Zacharie, dans une mise en scène de Martin Genest. Madame Zacharie et Pierre Robitaille se partagent la manipulation des marionnettes créées par ce dernier.

Par un concours de circonstances familiales, la jeune Célestine, onze ans, doit passer l’été au Japon, chez sa vieille tante Chizuko. Se sentant abandonnée de ses parents et en réaction avec son nouvel environnement, Célestine peine à apprécier ce que cette aventure estivale peut lui apporter de beau et de positif. Avec l’aide du petit chat Fuji-San et de monsieur Kamashi, elle embarque dans une quête de sens qui l’initiera à la vie, à la souffrance et aux petits plaisirs du quotidien.

La fable philosophique proposée par Ubus Théâtre nous plonge dans un univers empreint de finesse, de poésie, d’humour discret et de profonde humanité. Il est facile de s’identifier à Célestine, sa fougue juvénile, ses questionnements et ses sautes d’humeur, et c’est un bonheur de la voir lentement mais sûrement cheminer vers l’acceptation et l’ouverture à l’autre. La bienveillance que lui démontrent Chizuko et Kamashi, ainsi que l’apport de l’art et de la contemplation de couchers de soleil, l’accompagnent dans cette étape. Surtout qu’au fil de cet été formateur, Célestine découvrira les secrets de Chizuko et de Kamashi, et comment certaines épreuves ont forgé leur personnalité et leur parcours de vie.

L’incontournable attrait de cette pièce réside également dans la beauté et l’esthétisme visuels imaginés par l’équipe d’Ubus Théâtre. Des marionnettes en papier, de différentes grandeurs, un habillage lumineux efficace, un souci du détail assumé et l’utilisation astucieuse des accessoires ajoutent à la douceur émanant de cette œuvre. Le style épuré sert bien le propos de L’écrit et permet de mettre l’accent sur l’importance et la richesse des petits objets, des petits plaisirs furtifs.

Scène de marionnettes dans L'écrit
Avec l’aide du petit chat Fuji-San et de monsieur Kamashi, Célestine embarque dans une quête de sens qui l’initiera à la vie, à la souffrance et aux petits plaisirs du quotidien.
Crédit photo: Mario Villeneuve

Assister à une pièce d’Ubus Théâtre amène à expérimenter une manière alternative – et très ingénieuse! – d’appréhender la traditionnelle salle de spectacle. L’écrit est jouée dans un vieil autobus scolaire stationné derrière le Périscope. Dans cet autobus, d’une capacité de 32 places, sont savamment installés les décors, l’éclairage, les effets sonores et les accessoires, dans une atmosphère intime et chaleureuse. Les deux marionnettistes y trouvent leur compte en minimisant les déplacements et les gestes inutiles, facilitant du coup l’interaction avec l’auditoire. Les visages expressifs et les voix bien modulées de madame Zacharie et de monsieur Robitaille jouent un rôle non négligeable dans la pièce et l’intimité des lieux en facilite leur appréciation.

D’une durée de 50 minutes, la pièce L’écrit s’avère un moment de douceur pour l’âme et le cœur.

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