<em>Mourir tendre</em> : la vie, envers et contre tout | 19 octobre 2022 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: David Mendoza Hélaine

Mourir tendre : la vie, envers et contre tout

Mourir tendre, un texte de Guy Régis Jr, joue à emprunter des codes aux contes et aux tragédies classiques, tout en échappant aux conventions théâtrales. Si cela semble prometteur au premier abord, la mise en forme du spectacle paraît avoir subi des dérapages en cours de réalisation.

Le fond

Dans cette pièce écrite et dirigée par des hommes, le personnage féminin Perpétue (Késia Demers) n’existe que pour être vu, désiré et empli d’Alexandre (Gabriel L’Archevêque), et pour enfanter, envers et contre tout. Elle est l’objet du désir de son amant, mais aussi du père d’Alexandre, qui la violera cent fois et qu’elle tuera de cent coups de couteau. Et bien sûr, une fois son jouet souillé par le père, Alexandre n’en voudra plus.

En arrière-plan, une éclipse censée durer cent ans. La violence. Les ténèbres humaines.

La forme

Lu sans artifices, le texte poétique dense serait d’une grande beauté.

Mourir tendre est un slam poétique théâtralisé qui propose des pistes intéressantes, par exemple celle rappelant les chœurs des tragédies grecques. Quelques ritournelles sont accrocheuses. Certaines des explorations auraient cependant bénéficié de plus de travail ou pu être carrément mises de côté. Pourtant, le spectacle a déjà été présenté au Théâtre Prospéro en 2019 et en 2021…

Sachant que l’auteur Guy Régis Jr est d’origine haïtienne, l’on pourrait deviner que la reprise parodique de We Are The World a à voir avec les tragédies qui se sont abattues sur Haïti, notamment le tremblement de terre de janvier 2010, et avec la réponse de la communauté internationale. Mais ce segment aurait mérité davantage de contexte, sans quoi il semble sorti de nulle part.

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Néanmoins, Késia Demers offre une performance sincère et entière. Les acteurs livrent leur texte avec passion.

Mourir tendre est présenté à Premier Acte jusqu’au samedi 22 octobre.

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