Albane : trop-plein

En préambule, Odile, l’autrice. Un monologue sur son frère, mort. Assassiné. L’événement est le prisme à travers lequel elle perçoit l’existence, explique-t-elle. Aussi a-t-elle senti que le public voudrait comprendre. Odile nous sert un avertissement : il y a plus de vérité dans la fiction que dans les faits.

<em>Albane</em> : trop-plein | 18 janvier 2023 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: David Mendoza Helaine

En préambule, Odile, l’autrice. Un monologue sur son frère, mort. Assassiné. L’événement est le prisme à travers lequel elle perçoit l’existence, explique-t-elle. Aussi a-t-elle senti que le public voudrait comprendre. Odile nous sert un avertissement : il y a plus de vérité dans la fiction que dans les faits.

La fiction

Il semble pourtant que cette clé interprétative supposément importante que nous lègue Odile n’ouvre aucune des portes que la pièce nous présente.

Albane a seize ans. Elle trouve sa mère pendue. Une note la somme de rencontrer ceux qui l’ont engendrée. La tragédie se joue alors devant elle : le meurtre d’un frère, puis l’inceste, puis le meurtre encore, et encore.

Chaque nouveau drame naît d’une tentative de taire le précédent. Vouloir cacher la vérité fait en sorte que les liens familiaux pourrissent, et cette pourriture finit invariablement par éclater au visage de tout le monde. Chercher à corriger ses erreurs sans les regarder en face n’engendrera que plus de violence.

Des métaphores, partout

Tout des gestes, des chorégraphies, des costumes, des maquillages, du décor, des éclairages, des arrangements sonores, alouette, tout hurle MÉTAPHORE, POÉSIE, INTENSITÉ! Si tous ces éléments s’agencent assez bien et forment un ensemble intéressant, il n’en reste pas moins qu’ils crient tous en même temps. On se retrouve ainsi devant une pléthore de signifiants pour une quantité limitée de signifiés.

Le noyau : une tragédie grecque revampée, plutôt punk-futuriste, avec chœur, masques et coryphée. Mêmes sujets – fratricide, matricide… –, mêmes questionnements indémodables sur la nature humaine, sa violence, son hérédité. Si la proposition dramaturgique déstabilise un peu au premier abord, elle n’en est pas moins plaisante.

Les interprètes se livrent totalement à l’exercice et tiennent ensemble les morceaux de cette pièce intrigante.

Albane est présentée jusqu’au 4 février à Premier Acte.

Production : La bouche _ La machine • Texte et mise en scène : Odile Gagné-Roy •  Assistance à la mise en scène : David Boily • Dramaturgie : Marie-Ève Lussier-Gariépy • Conception : Emile Beauchemin, David Boily, Lorena B. Mugica, Marilou Bois, Cloé Lapointe, François Leclerc, Odile Gagné-Roy, Béatrice Lecomte-Rousseau, Annie-Isabelle Paquet, William Savoie • Œil extérieur : Marianne Marceau •  Répétitrice : Rosalie Cournoyer • Aide au mouvement : Karine Ledoyen • Voix : Sophie Thibeault •  Direction de production et direction technique : Anne Plamondon • Interprétation : Noémie F. Savoie, Odile Gagné-Roy, Myriam Lenfesty, Marie-Ève Lussier-Gariépy, Vincent Paquette, Thomas Royer, Dayne Simard.

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