Le réservoir d’eau, un autre secret des plaines d’Abraham

C'est de loin le plus vaste des 27 réservoirs d'eau potable de la Ville de Québec. Il se cache sous les plaines d'Abraham.

Le réservoir d’eau, un autre secret des plaines d’Abraham | 14 février 2023 | Article par Thomas Verret

Photo prise à l’intérieur du réservoir de l’aqueduc.

Crédit photo: Thomas Verret

C’est de loin le plus vaste des 27 réservoirs d’eau potable de la Ville de Québec. Il se cache sous les plaines d’Abraham.

Les médias ont eu un rare accès, lundi, au réservoir de l’aqueduc situé au parc des Champs-de-Bataille.

L’accès au bâtiment se fait à partir de l’avenue Georges-VI, non loin de la tour Martello n° 1. L’extérieur a l’air tout ce qu’il y a de plus normal. Ce qu’on retrouve quelques mètres plus bas ouvre une autre perspective. Rien ne nous prépare à quelque chose d’une telle ampleur. Le lieu est fermé au public évidemment.
Crédit photo: Thomas Verret

Dans les entrailles du réservoir

L’immense citerne des plaines d’Abraham est en opération depuis 1933. Sa voûte en béton a une superficie de 22 800 mètres carrés. Elle est supportée par 912 colonnes. Ce réservoir peut contenir jusqu’à 136 millions de litres d’eau, sur l’équivalent de quatre terrains et demi de football américain. Sa construction n’avait coûté que 512 000 $ à l’époque. Un prix qui n’a rien à voir avec ceux de nos jours.

Le réservoir de l’aqueduc alimente gravitairement les quartiers de la Basse-Ville, dont Saint-Sauveur et Saint-Roch, ainsi qu’une partie de Limoilou. Il dessert entre 50 000 et 100 000 citoyen·ne·s, selon la manière dont le réseau est opéré.

La gravité fait le travail

Le réservoir est alimenté par l’usine de traitement d’eau potable de la rue de la Faune. L’eau est acheminée dans des conduites souterraines de 15 kilomètres de longueur. Trois longues conduites granitaires mesurant respectivement 30, 40 et 42 pouces de diamètre partent du « Château d’eau », descendent sous la rivière Saint-Charles et remontent sur les plaines d’Abraham. Le système ne comporte pas de pompe d’appoint. Tout est une question de gravité.

« On ne pompe rien de l’usine de Québec. Ça descend. La gravité nous met à 150 mètres. L’eau passe en dessous de la rivière Saint-Charles et remonte à 100 mètres sur les plaines d’Abraham, précise le directeur de l’entretien et de la gestion des actifs du Service du traitement des eaux, Christian Pelletier. On a donc 50 mètres de tête d’eau, ce qui fait rentrer l’eau ici. »

L’eau remonte par la pression.

« La pression qui est en haut pousse sur la colonne au grand complet. Tant qu’on a pas égalisé le niveau de l’autre côté, il y aura toujours de la pression pour avoir un écoulement. (…) Il y a une conduite de 50 mètres de haut qui pousse pour la faire entrer. »

Nettoyage et entretien

Dans le dernier mois, la Ville de Québec s’est engagée à remplacer les vannes murales. Cela fait en sorte qu’une des deux sections est présentement arrêtée. À l’heure actuelle, on retrouve 68 000 mètres cubes d’eau à l’intérieur du réservoir.

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C’est le principe de la double vanne murale qui permet de procéder à ces travaux d’entretien, sans avoir à fermer complètement le réservoir, explique M. Pelletier.

« Cette deuxième vanne murale nous permet d’avoir une robustesse un peu plus grande. On peut arrêter la moitié du réservoir, réparer la vanne, l’entretenir et arrêter l’autre après. »

Pas d’impact sur les citoyen·ne·s

Ce projet n’a aucun impact opérationnel. Personne n’en a conscience.

« Les citoyens ne voient pas de différence. C’est juste moins d’eau, donc moins de capacités. »

Les réservoirs fluctuent, mais la production d’eau demeure identique en tout temps.

« Le but, c’est de ne jamais changer les consignes d’opération des usines. On essaie de produire toujours la même quantité d’eau. »

En d’autres mots, ce sont les réservoirs qui créent la variation en fonction de la consommation citoyenne qui change au fil de la journée.

« En ce moment, le réservoir varie un petit peu plus parce qu’il y a moins d’eau. »

L’installation d’une vanne murale d’un mètre de diamètre a coûté environ 85 000 $. Les deux prochaines semaines seront consacrées à son nettoyage, à sa désinfection, puis à sa remise en fonction. Si les choses se déroulent comme prévu, le prochain nettoyage des vannes murales se fera dans sept ans.

L’automne et l’hiver représentent des « fenêtres d’opportunités » pour entretenir les réservoirs, puisque « les consommations y sont moindres. » À l’inverse, le temps chaud de l’été, ses périodes de canicule et parfois de sécheresse, ne sont évidemment pas propices à réaliser ce type de travaux.

Corps de métier

Plusieurs personnes travaillent dans le réservoir souterrain des plaines d’Abraham. Ce sont principalement des opérateurs, à savoir des techniciens en traitement des eaux. Quant à l’entretien et à la gestion des actifs, des mécaniciens industriels, des électroniciens, des automaticiens, des programmeurs de même que des travailleurs en ventilation et en chauffage mettent leur expertise à profit.

Un réservoir en santé malgré son âge

Enfin, même si le réservoir de l’aqueduc a 90 ans d’existence, le béton est encore en « très bon état », indique Christian Pelletier. Le directeur de division au Service du traitement des eaux appuie ses dires sur les dernières analyses réalisées en 2017 lors des travaux visant à ajouter une membrane d’étanchéité.

« Il a une bonne durée de vie encore devant lui », estime M. Pelletier.

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