H+ : Plus, toujours

Confronté à ses limites physiques – à 25 ans à peine, il subit un malaise cardiaque à la suite d’un surmenage –, Emile Beauchemin n’aspire qu’à se dépasser. Aller au-delà des contraintes physiques, au-delà de la condition humaine faillible par essence. H+, à la fois performance (sportive et théâtrale) et objet de théâtre documentaire, est le fruit de sa réflexion sur sa course contre la montre.

<em>H+</em> : Plus, toujours | 7 juin 2023 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit : Carla Chable de la Héronnière

Confronté à ses limites physiques – à 25 ans à peine, il subit un malaise cardiaque à la suite d’un surmenage –, Emile Beauchemin n’aspire qu’à se dépasser. Aller au-delà des contraintes physiques, au-delà de la condition humaine faillible par essence. H+, à la fois performance (sportive et théâtrale) et objet de théâtre documentaire, est le fruit de sa réflexion sur sa course contre la montre.

« Tu t’arrêteras quand tu seras mort »

Emile ne se donne aucun droit à l’arrêt. Au sens propre : sur scène, il court sur un tapis roulant les derniers kilomètres d’un marathon (soit 42,2 km), et s’il cesse, le spectacle s’éteint. Au figuré : travailleur autonome passionné de théâtre, créateur impliqué dans mille projets artistiques d’envergure, Emile s’active jour et nuit.

C’est l’éternelle quête de l’humain : échapper au temps, échapper à la mort. Se rapprocher des dieux de l’Olympe par tous les moyens technologiques et scientifiques possibles. Devenir machine : produire plus, toujours. (Si vous êtes au courant des tendances chez les gens hyper productifs, vous aurez d’ailleurs entendu parler du biohacking.)

La sacro-sainte performance

Ralentir, c’est se laisser rattraper par l’angoisse.

Les données biométriques affichées en temps réel, les éclairages par moments stroboscopiques, le fond de musique techno, les projections : tout signale cette angoisse de n’en faire jamais assez, ne jamais y arriver. Les valeurs numériques sont une façon de quantifier sa propre valeur – encore ici, devenir machine.

Soulignons le travail de conception lumière et vidéo, multimédia, et musical et sonore (respectivement de Keven Dubois, Louis-Robert Bouchard et Pascal Robitaille), adjuvant de la mise en scène (Emile Beauchemin et Odile Gagné-Roy, avec le soutien de Marie-Ève Lussier-Gariépy) et de la scénographie (Marie-Pier Faucher-Bégin).

En effet, comme le mentionne l’auteur, metteur en scène et interprète, bien qu’on tende à voir le marathon comme l’accomplissement d’un athlète, celui-ci n’est en fait jamais seul. De même, non seulement Emile Beauchemin est accompagné sur scène par Maureen Roberge, mais c’est toute une équipe qui œuvre à produire ce spectacle.

L’humaine condition

Si le transhumanisme évoque la science-fiction, H+ est pourtant une création très personnelle, profondément humaine, empreinte de fragilité et d’émotion. Les effets spéciaux, l’art numérique et tous les moyens techniques font ressortir l’aspect humain de la pièce.

Au bout du compte, nul ne sait quand le marathon s’arrêtera.

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H+ est à nouveau présenté au Périscope ce mercredi 7 juin dans le cadre du Carrefour international de théâtre.

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