Ici vécut : Monique Duval, au 110, Grande Allée Ouest

On retrouve, sur différents immeubles de Québec, 142 plaques Ici vécut. Elles rappellent à nos mémoires des personnes qui ont marqué l'histoire de la ville. Monique Duval (1924-2014) a prêté sa plume au quotidien Le Soleil, où elle a signé de nombreuses chroniques sur l'histoire et le patrimoine.

<em>Ici vécut</em> : Monique Duval, au 110, Grande Allée Ouest | 16 décembre 2023 | Article par Simon Bélanger

Monique Duval, journaliste au Soleil, a vécu au 110, Grande Allée Ouest.

Crédit photo: Simon Bélanger - Monmontcalm

On retrouve, sur différents immeubles de Québec, 142 plaques Ici vécut. Elles rappellent à nos mémoires des personnes qui ont marqué l’histoire de la ville. Monique Duval (1924-2014) a prêté sa plume au quotidien Le Soleil, où elle a signé de nombreuses chroniques sur l’histoire et le patrimoine.

Le 30 décembre prochain, 127 ans d’histoire se tourneront, lorsque le quotidien Le Soleil publiera sa toute dernière édition papier. Déjà en 2020, les journaux des Coops de l’information, dont fait partie Le Soleil, ne publiaient plus les éditions sur papier en semaine.

À travers les années, le quotidien de la Capitale a fait la place à un grand nombre d’artisans de l’information, incluant l’auteur de ces lignes pendant quelques mois en 2022.

Pour l’occasion, pourquoi ne pas revenir sur la vie de Monique Duval, journaliste au Soleil de 1959 à 1988, qui fut une pionnière dans la rédaction d’articles sur l’histoire de la Ville de Québec?

Celle-ci a notamment vécu au 110, Grande Allée Ouest, dans ce qui constitue l’immeuble d’appartements Le Baronet.

La plaque Ici vécut rappelle la présence de Monique Duval.
Crédit photo: Simon Bélanger - Monmontcalm

Enfance dans Saint-Roch et débuts en journalisme

Monique Duval voit le jour à Québec, dans la paroisse Saint-Roch, le 23 décembre 1924. Elle grandit au sein d’une famille bourgeoise, sur la rue Saint-François. Sa mère, Gabrielle Chalifour, vient d’une famille d’industriels, tandis que son père, Arthur Duval, est notaire de l’Hôtel-Dieu de Québec. Il enseigne en plus le droit administratif à l’université Laval.

La jeune Monique Duval fréquente d’abord le pensionnat Saint-Roch (aussi appelé Couvent de Saint-Roch). Celui-ci se trouvait à l’endroit où se situe aujourd’hui l’Hôtel PUR.

Par la suite, elle suit quelques cours comme auditrice libre à l’université Laval. À ce moment, elle n’envisageait pas la poursuite d’études supérieures et la recherche d’un emploi.

«[S]on père aurait été humilié que ses filles travaillent», avouait-elle, selon une citation rapportée dans Cap-aux-Diamants, en 2014.

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Comme elle s’intéresse à l’écriture, sa mère lui propose quand même de se tourner vers le journalisme. En 1954, elle se fait engager à L’Événement, d’abord comme secrétaire et ensuite comme journaliste. Elle s’occupait alors des pages féminines.

Une carrière diversifiée sous Le Soleil

En 1959, Monique Duval déménage ses pénates au Soleil, où elle travaille jusqu’en 1988.

Ses sujets d’affectation sont désormais plus variés. Dans ses premières années, elle signe surtout des reportages couvrant le milieu culturel. En 1962, Monique Duval se voit confier la couverture de l’université Laval, avec une chronique qui perdure jusqu’en 1968.

Dans les années 1970 et 1980, la journaliste consacre désormais une grande partie de sa carrière aux chroniques d’histoire. Celles-ci peuvent tout autant toucher la culture, la géographie, la généalogie ou le patrimoine.

Chaque mercredi, elle publie la rubrique «Hier et aujourd’hui». À toutes les semaines, elle produit également une chronique sur l’histoire des rues de Québec.

Monique Duval a également réalisé plusieurs reportages à travers le monde. Elle a notamment visité la France, l’Italie, la Yougoslavie, la Corée, l’Allemagne et le Japon.

Monique Duval a reçu l’Ordre national du Québec en 2006.
Crédit photo: Site de l'Ordre national du Québec

Une «pionnière»

Pour alimenter ses textes, Monique Duval fouillait dans des ouvrages généraux ainsi que dans les travaux de l’historien et archiviste Pierre-Georges Roy. Elle utilise également son réseau de contacts, alors bien étoffé.

À son époque, peu de chercheurs de l’université Laval s’intéressaient à l’histoire de la Ville de Québec pendant leurs études. Seulement quelques chercheurs universitaires et des érudits de la Société historique de Québec se seraient alors intéressés à Québec.

Monique Duval parvient donc à intéresser le grand public à l’histoire.

«Par ses multiples textes, elle joue un rôle important d’éveil et d’éducation auprès de ses concitoyens et concitoyennes. En fin de compte, elle leur aura insufflé un certain sens du devenir», peut-on lire sur le site de l’Ordre national du Québec.

Au-delà de son travail au Soleil, son engagement envers l’histoire de la ville s’est aussi concrétisé par son implication à la Société historique de Québec, dont elle fut présidente en 1988 et 1989. Elle fut nommée membre émérite en 1997.

Monique Duval a également écrit plusieurs articles dans la revue Cap-aux-Diamants. Elle profitait de cette tribune pour revenir sur quelques souvenirs et anecdotes de sa vie. Son implication se remarque aussi dans l’organisation du 350e anniversaire de l’arrivée des Augustines et des Ursulines à Québec, en 1989.

Elle signe aussi quelques ouvrages, dont Québec depuis 1608 (1973), L’histoire du Québec par ses rues (1980) et Découvrir Québec (1983).

Autres intérêts et rencontres marquantes

En plus des sujets précédemment mentionnés, Monique Duval a également accordé un grand intérêt au sort des minorités françaises en Amérique. Ses articles lui valurent de recevoir des honneurs comme Acadienne d’honneur de La Fayette, membre de l’Ordre du Bon Temps et membre de l’Ordre de la fidélité française.

Elle reçut de multiples autres honneurs, comme la Médaille de la Ville de Québec. la Médaille du jubilé de Sa Majesté la reine Elisabeth II. Elle est également reçue membre de l’Ordre du Canada et chevalière de l’Ordre national du Québec.

Pendant sa carrière, Monique Duval a eu l’occasion de rencontrer des personnalités d’importance, comme Édith Piaf ou le premier ministre du Canada Louis St-Laurent. Elle avait aussi une bonne relation avec Raoul Tessier, responsable des relations publiques au Château Frontenac, ce qui lui permettait de rencontrer directement plusieurs invités importants.

À la fin de sa vie, le bridge et la musique de Mozart et de Mahler auraient remplacé l’histoire dans ses loisirs.

Monique Duval meurt à 89 ans le 29 mai 2014, à Québec, au Domaine Saint-Dominique.

Gilles Ouellet, son dernier chef de nouvelles au Soleil, la décrivait en ces termes à l’annonce de son départ :

« C’était une passionnée qui avait une mémoire phénoménale. […] C’était une femme fière qui est née en basse ville, mais qui se décrivait comme une bourgeoise. Elle était attachante, charmante et intelligente», commentait M. Ouellet.

Aujourd’hui, un prix remis par la Société historique de Québec lors du Concours d’écriture historique porte le nom de Monique Duval.

Une section du site de la Ville de Québec rassemble la liste des plaques Ici vécut. Celle de Monique Duval a été ajoutée à l’automne 2023.

Sources :

BÉLANGER, Simon, «La SHQ révèle les lauréats du Concours d’écriture historique», Monsaintroch, 17 mai 2023.

MARTIN, Stéphanie, «Une pionnière du Soleil s’éteint», 29 mai 2014.

Ordre national du Québec, «Monique Duval (1924-2014)».

TREMBLAY, Alex, «Monique Duval, pionnière de l’histoire de la ville de Québec», Cap-aux-Diamants, no 119, automne 2014, p. 37-38.

 

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