J’te pète en mixte : le souci de la performance

On entend souvent dans les médias et ailleurs que la pression exercée par le souci de la performance est la mère de bien des maux, notamment dans l’univers des femmes et au sein des jeunes générations. Avec J’te pète en mixte, L’Apex Théâtre, compagnie de création, aborde ce sujet à travers les péripéties de Cath (Clémence Lavallée), une étudiante de 18 ans qui, en 2011, débarque au Cégep de Trois-Rivières avec la réussite au bout des doigts.

<em>J’te pète en mixte </em> : le souci de la performance | 1 novembre 2023 | Article par Hélène Laliberté

La comédienne Clémence Lavallée.

Crédit photo: David Mendoza Hélaine

On entend souvent dans les médias et ailleurs que la pression exercée par le souci de la performance est la mère de bien des maux, notamment dans l’univers des femmes et au sein des jeunes générations. Avec J’te pète en mixte, L’Apex Théâtre, compagnie de création, aborde ce sujet à travers les péripéties de Cath (Clémence Lavallée), une étudiante de 18 ans qui, en 2011, débarque au Cégep de Trois-Rivières avec la réussite au bout des doigts.

Son entrée dans l’âge adulte s’opère par le biais de son implication dans le monde de l’improvisation collégiale et des aléas d’une première relation amoureuse toxique.

Le pari de l’humour

Même si le sujet paraît grave, l’autrice et metteure en scène Gabrielle Ferron a pris le pari de l’humour en écrivant un one-woman-show satirique teinté d’autodérision. « Est-ce qu’on peut rire de tout ? », peut-on lire dans le programme de la pièce. Poser la question, c’est déjà en quelque sorte y répondre.

La production décortique avec une lame acérée les rêves, les espoirs et les embûches de Cath qui se présente au public, parée de toute sa fragilité et dotée d’une volonté de fer.

L’univers des matchs d’improvisation

La scénographie de Marianne Lebel reproduit l’arène des matchs d’improvisation. L’aire de jeu est exigüe et dépouillée à l’image de l’univers des étudiantes et des étudiants qui possèdent peu de biens, mais qui sont habités par une multitude de désirs, de passions, de flammes.

D’ailleurs, le rouge prédomine sur scène, particulièrement dans les accessoires. Plusieurs petites lampes dont les abat-jours sont fabriqués avec des verres de bière en plastique rouge éclairent le plateau. La lumière (Simon Rollin), la musique (Marc-Antoine Marceau) et la vidéo (David B. Ricard) se fondent dans le décor et accompagnent subtilement le propos et l’interprétation.Le texte est découpé en plusieurs tableaux, un peu à la manière de thèmes d’impro dont les titres sont projetés sur le sol.

Comme un jeu de ping-pong avec soi-même

À l’entrée du public, Cath est déjà en situation avec un seau plein de balles de ping-pong. Elle entame son long monologue en se tutoyant elle-même, comme pour créer une forme de distanciation qui suscite concrètement le rire. Toutefois, pas de quatrième mur! Cath s’adresse directement aux spectateurs et les prend à témoin.

La mise en scène et le jeu de l’interprète sont solides et dynamiques. Malgré quelques erreurs, probablement dues à la nervosité d’un soir de première, ce qui a, par ailleurs, contribué à étayer l’humanité de la protagoniste, la comédienne endosse, avec une grande habileté, plusieurs personnages, amant et camarades, grâce à la magie d’un accessoire, d’une gestuelle ou d’une intonation. Elle réussit à envoûter le public et à aborder les différents thèmes de la pièce avec doigté. Elle met l’accent sur les jeux de pouvoir, sur la dictature de l’image, sur les inégalités et même sur la violence conjugale avec, à la fois, aplomb et légèreté.

Avec le spectacle solo J’te pète en mixte, Gabrielle Ferron signe la troisième production de L’Apex Théâtre qui, après Blackbird et Aime-moi parce que rien n’arrive, tire encore une fois une flèche au cœur de la cible.

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La pièce J’te pète en mixte est présentée à Premier Acte jusqu’au 18 novembre 2023. Les billets sont en vente à cette adresse.

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