La nature au service de l’imaginaire canadien

Le Musée national des beaux-arts du Québec présente, jusqu'au 12 mai 2024, l'exposition Générations : la famille Sobey et l'art canadien. Un tour d'horizon des différents courants artistiques des 19e et 20e siècles.

La nature au service de l’imaginaire canadien | 19 février 2024 | Article par Anny Bussières

L’exposition Générations : la famille Sobey et l’art canadien est présentée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 12 mai 2024.

Crédit photo: Courtoisie MNBAQ

Le Musée national des beaux-arts du Québec présente, jusqu’au 12 mai 2024, l’exposition Générations : la famille Sobey et l’art canadien. Un tour d’horizon des différents courants artistiques des 19e et 20e siècles.

Dès l’entrée dans la nouvelle exposition du MNBAQ, le ton est donné et il s’avère sans surprises : Cornelius Krieghoff détaille et illumine la beauté de la nature canadienne, avec ses paysages enneigés, ponctués de quelques membres des Premières Nations accomplissant des activités traditionnelles. Mais rapidement, on constate que les commissaires Anne-Marie Bouchard et Sarah Milroy avaient autre chose en tête que de présenter uniquement des classiques. Elles voulaient que ces œuvres se parlent, s’affrontent et fassent réfléchir aux clichés convenus sur la peinture canadienne.

Chacune des huit salles thématiques de l’exposition propose donc un dialogue entre des artistes canadiens et québécois, de différentes époques, approchant des sujets similaires avec des factures stylistiques multiples et variées. À la vision convenue de Krieghoff est accolée celle de Kent Monkman, un artiste cri travaillant à détricoter les clichés sur les Autochtones et à exposer les ravages de la colonisation sur l’imaginaire national. Explosion de couleurs, de vie et de remise en question, l’œuvre de Monkman met la table à un dépoussiérage en règle des stéréotypes. Une découverte fabuleuse que cet artiste novateur!

Les salles dévolues aux tableaux du Groupe des Sept valent le prix d’entrée : on y découvre, ou redécouvre, des peintres ayant à cœur de célébrer les grandes espaces, le caractère paisible de la nature et la beauté des teintes automnales. Tom Thomson, J.E.H. MacDonald et A.J. Casson, notamment, sortent du lot par le traitement de la lumière et la création d’atmosphère. La nature y apparaît dépouillée, comme en dormance, et ponctuée de touches de couleurs surprenantes. Coup de cœur assuré pour les toiles de Lawren S. Harris, discrètes mais tellement fortes par leur utilisation judicieuse du rouge franc et du mauve profond.

Toile Algoma Hill (1920), de Lawren S. Harris.

Le vertige s’installe quand ces artistes somme toute académiques s’entrechoquent avec Borduas et Riopelle. Les Québécois, en utilisant de façon tout aussi judicieuse les éclats de couleurs, innovent avec des techniques plus modernes, autrement plus audacieuses, donnant du coup une vision plus éclatée du rapport à la nature. Un moment fort de l’exposition.

La collection de la famille Sobey permet également de mettre en lumière les réalités et les influences d’artistes en provenance des Prairies et des Maritimes, qu’on voit peu dans les musées nationaux. Les toiles de William Kurelek, de Mario Doucette et de Brenda Draney, notamment, amènent les visiteurs à effleurer des événements, des émotions et des façons d’entrevoir la vie qui les sortent de leur zone de confort. L’apport des peintres des Premières Nations est particulièrement saisissant à cet égard.

Tout aussi saisissant est le manque d’intérêt de la famille Sobey pour les artistes féminines, gros bémol de l’exposition. Oui, on y trouve bien Emily Carr et H. Mabel May, mais la récolte s’avère rachitique, ce qui est d’autant plus fâchant lorsqu’on connaît le foisonnement créateur des Québécoises lors de ces années d’effervescence.

Nonobstant cet irritant, l’exposition Générations : la famille Sobey et l’art canadien promet des rencontres riches et significatives et ouvre la porte à une réflexion actualisée de la peinture d’ici.

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